Décès à l'hôpital : quelle présence religieuse ?

Quel temps de prière ?

"Est-il possible de faire les obsèques ici, à la chapelle de l'hôpital ?" me demande une femme bouleversée par le décès brutal de son mari. Doucement je lui fais comprendre que ce ne sera pas possible. Ici, à l'hôpital "le chemin des morts ne croise pas celui des vivants".
A l'hôpital, la "levée de corps" a lieu à la chambre mortuaire, le cercueil est fermé en présence des proches, puis le convoi part pour le cimetière ou pour des funérailles religieuses.
C'est donc à la chambre mortuaire qu'un temps de prière est possible pour ceux qui le souhaitent. Mais autant de décès, autant de situations différentes.

Selon les souhaits des familles

La rencontre avec la famille est toujours un moment important : "vous comprenez, on n'est pas très pratiquant mais on ne voudrait pas qu'il parte comme cela. Et puis le passage à l'église c'est trop, une petite prière c'est bien." Pour le choix de textes de la Parole de Dieu je m'entends souvent dire : "On vous fait confiance, vous avez l'habitude..."
Curieusement, il arrive que nous soyons appelés pour une prière sans avoir rencontré le défunt pendant son hospitalisation. A l'inverse, alors que nous avons accompagné des personnes en fin de vie, nous ne sommes pas toujours appelés pour le départ de la chambre mortuaire.
Lorsque le défunt est sans famille, nous veillons à ce que plusieurs membres de l'équipe d'aumônerie soient présents, ainsi nous signifions que c'est toujours en Eglise que nous célébrons ce dernier A-Dieu.
Le plus souvent, les familles sont apaisées de s'être rassemblées dans la simplicité de la prière : "Merci, c'est bien ce que vous faites mais ça ne doit pas être facile..."

Marie-Hélène Jachiet
Aumônier à l'hôpital Bicêtre