Denier de l'Eglise, un peu d’histoire

Depuis les premiers siècles, les chrétiens ont participé largement à la vie de leur Eglise. On en trouve un exemple significatif dans les Actes des Apôtres : « ils mettaient tout en commun » (Ac 4, 32), la quête de l'Eglise d'Antioche pour celle de Jérusalem (Ac 11, 29).

Au début du Moyen-âge, l'Eglise a vécu de dons, ceux des seigneurs, principalement. Puis s'est développé un système dit « bénéficial » dans lequel à chaque charge ecclésiale était attachée une terre (un « bénéfice ») dont le rapport pouvait faire vivre le titulaire de la charge (curé, évêque, chanoine, etc...).

Bien entendu, il y avait des petits et des gros « bénéfices ».

Lors de la Révolution, la confiscation de tous les biens d'Eglise a détruit ce système. Le Concordat napoléonien de 1801 ramènera la paix religieuse et fait de l'Eglise un service public, et des prêtres des « ministres du culte » rémunérés par l'Etat.

La dénonciation unilatérale du Concordat de 1801 par la loi de séparation de 1905 a littéralement « coupé les vivres » à l'Eglise, qui met alors en place le « denier du culte » pour continuer à subvenir aux besoins du clergé.

En 1989, l'expression « denier du culte », qui était devenu aussi « denier du clergé », est abandonnée, et devient « denier de l'Eglise ».

Le denier de l'Église est ainsi aujourd'hui la première ressource financière de l'Eglise. C'est une libre participation annuelle des catholiques d'un diocèse et chacun donne selon ses possibilités. Il est destiné à assurer la vie matérielle des prêtres et la rémunération des laïcs salariés en mission dans l'Église.

Le denier de l'Eglise est à distinguer des « legs » qui sont des ressources exceptionnelles, et irrégulières par nature, destinées aux investissements immobiliers : construction d'églises, de maisons paroissiales, et bien sûr de la nouvelle cathédrale.