auprès des jeunes

Maison des serviteurs de la Parole

affiche maison serviteurs parole diocese creteilBROCHURE DE LA MAISON DES SERVITEURS DE LA PAROLE

PAGE FACEBOOK DE LA MSP

Qu’est-ce que la Maison des serviteurs de la Parole?

La Maison des serviteurs de la Parole propose à tous les jeunes de 18 à 30 ans une année d’approfondissement de leur foi à travers une vie de prière en communauté et une étude poussée de la Parole de Dieu. L’idée est de venir s’installer à la MSP pendant une année (de septembre à juin) tout en continuant son activité professionnelle ou ses études, pour profiter du cadre exceptionnel qu’offre la maison.

C’est à dire?

Commençons par le cœur de la maison qui rend cette année exceptionnelle: la maison est équipée d’une chapelle, ouverte 24h sur 24 qui permet la présence permanente du Christ au sein de notre vie. En ce sens venir s’installer à la MSP c’est vivre en colocation avec le Christ pendant un an ! C’est dans cette chapelle que nous nous réunissons en semaine, le matin et le soir, pour la prière qui ponctue nos journées et qui est encadrée par une religieuse: Sœur Ida Odjoussou. C’est également dans cette chapelle que nous célébrons la messe lors de nos soirées communautaires tous les mardis et durant nos week-end communautaires qui ont lieu une fois par mois.

Durant les soirées et week-end communautaires, l’accent est cette fois mis sur la Parole de Dieu que nous étudions en profondeur, accompagnés par un prêtre, le Père Gilles François (directeur de la maison) ainsi qu’un diacre, Jean-Clement Pouillart et son épouse Dominique (maître et maîtresse de maison). Pendant ces temps d’enseignement, des parcours d’initiation à la prière avec la Parole de Dieu, des soirées plus axées sur le discernement de sa vocation, et des week-end de retraite spirituelle sont également proposés.

Cet endroit offre donc un cadre idéal pour aider à faire un choix de vie quant à son orientation professionnelle ou sa vocation chrétienne.

C’est la présence du Christ de manière permanente qui permet à cette année d’être une année de découverte, d’approfondissement, de discernement et surtout d’épanouissement spirituel.

Mais la MSP ce n’est pas non plus qu’une vie de prière en communauté, c’est également une année marquée par la convivialité des repas préparés et pris en commun les soirs de semaine, les invitations des amis et des familles, les soirées rugby, le sport, les balades...l’année à la maison se construit par la touche personnelle apportée par chacun de ses membres. Bref une vie équilibrée qui permet de s’épanouir sur tous les plans et de trouver petit à petit le sens de son engagement avec le Christ au sein de notre société.

RETOUR SUR TAIZÉ 2016

Nous étions 144 à Taizé du 19 au 23 octobre, lycéens confirmés ou confirmands du diocèse.
Taizé, c’est là bas qu’il fallait être pour le silence qui nous mène à la prière intérieure. Vivre cette intériorité pour s’engager, pour prier. Faire le passage de l’extérieur à l’intérieur pour entendre ce que Dieu a à nous dire, plus intime que notre intimité. Quand on va plus à l’intérieur de nous-même, quand on entre dans son intimité , on se rapproche de Lui.
Retrouver les commentaires, les vidéos des jeunes et de leurs animateurs sur: http://jeunes94.cef.fr

PARCOURS QUO VADIS

PARCOURS QUO VADISquovadis 1
ORIENTATION DE LA VIE CHRETIENNE
« Je suis le Chemin, la Vie et la Vérité » (Jn 14,6)


Présentation

Dire que nous vivons dans un monde profane ou religieux peu propice au développement personnel et à l’orientation de la vie chrétienne ou de la vie d’Eglise selon l’Evangile est d’une évidence incontestable.
Tant de voix, de tendances, de modes de vie, généralement discordantes, s'élèvent et entraînent les jeunes dans une confusion ou dans un manque de repères qui les rendent inaudibles à l’appel de Dieu. Ce parcours « Quo vadis ? » est une remise en question de sens ou plutôt d’orientation. L’Apôtre Pierre, pendant sa fuite des persécutions à Rome, a rencontré Jésus sur la via Appia. Il lui a posé cette question « Où vas-tu Seigneur ? » Jésus lui répondit : « Venio Romam iterum crucifigi » (Je vais à Rome me faire crucifier de nouveau). Cette rencontre a radicalement changé, encore une fois, la vie de saint Pierre. Pleinement dans la liberté et l’amour, Pierre a trouvé sa vraie place auprès du Seigneur, Celui qu’il aime de tout son coeur.

Partager la pensée sociale de l’Église

TÉLÉCHARGER LE DÉPLIANT PRÉSENTANT LA DÉMARCHE PARTICIPATIVE DE LA SESSION 2016, « ENSEMBLE, L’ÉDUCATION »

Antenne diocésaine des Semaines sociales de France

Bonjour,

Depuis plus de 90 ans, les Semaines sociales de France organisent une rencontre annuelle pour approfondir, débattre et proposer des évolutions sur un sujet de fond et d’actualité, à la lumière de l’Évangile.

En 2016, parce que l’éducation concerne chacun d’entre nous et à tous les âges de notre vie, les Semaines sociales de France organisent une grande concertation en ligne « Ensemble, l’éducation », de mars à octobre 2016.

Cette consultation se terminera par deux jours de rencontres, les 19 et 20 novembre 2016 à Paris.

  • Quels sont vos diagnostics sur l’éducation ?
  • Quelles expériences réussies souhaitez-vous partager ?
  • Quelles propositions voulez-vous faire ?

Le fruit de votre travail et de vos propositions permettra d’interpeller les partis candidats à l’élection présidentielle, lors de la session des 19 et 20 novembre 2016 à Paris.

Pour le diocèse de Créteil, nous vous proposons de débattre dans votre mouvement, en famille ou dans votre paroisse, avec d’autres, sur les 10 thèmes proposés, dont trois principaux :

  • L’éducation, entre exclusion et réussite
  • L’éducation, apprendre à vivre ensemble
  • Education et vie professionnelle

Dès maintenant, nous vous invitons, seul ou en groupe, à contribuer en postant le fruit de vos réflexions sur la plateforme participative ssf-lasession.org.

Vous êtes aussi invités à partager vos propositions et à faire connaître la démarche autour de vous.

Sur la plateforme participative ssf-lasession.org, vous trouverez des éléments de réflexion, des vidéos pour introduire les débats. Vous découvrirez les 10 thèmes proposés, les premières contributions. Et aussi vous inscrire pour la session des 19 et 20 novembre 2016.

Parlez-en autour de vous, débattez et contribuez. Une belle occasion de prendre la parole, de peser sur les débats à venir en 2017... un enjeu pour faire vivre une démocratie participative...

L’équipe diocésaine Partager la pensée sociale de l’Église
Contact : François Fayol, 06.03.16.75.42, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Ecclesia Campus

7 heures du matin... - 4°C... on n'a pas dormi... sortie du car... lever du soleil... oh ! des montagnes ?! Ecclesia Campus, ce rassemblement national des étudiants qui a lieu tous les 3 ans, peut commencer ! Parmi les 2500 jeunes étudiants de France, 50 jeunes du 94 (l'Escale, Ecole Véto, ENS, ESTP) posent leur sac à Grenoble pour 2 jours rythmés par des ateliers, temps de prière et louange, témoignages, conférences, flash mob, etc.
Entre la neige, l'ambiance de fête, le recueillement, la joie d'être ensemble, de se découvrir soi même et les autres, ils ont « osé la confiance » !

Quelques témoignages :

"Pour moi qui n'avais jamais participé à un rassemblement avec tous les jeunes de France et surtout dans une autre ville, ce fut un choc. Un choc, oui, de voir que contrairement aux apparences et aux "on dit" il y avait plus de 2500 étudiants réunis là pour le Seigneur. Si le Seigneur n'était pas à la tête de ce rassemblement, comment expliquer que nous tous avons été logés et nourris gratuitement avec une hospitalité telle qu'il est difficile de ne pas percevoir l'amour du Seigneur. Je partais avec un seul objectif : rencontrer le Seigneur et approfondir la relation qui m'unit à Lui. Grâce au Ciel, j'ai reçu plus que je n'en attendais et j'ai été comblée au delà de mes espérances. Le Seigneur s'est servi de ma bouche, inspirée par Son Esprit, pour passer un message à quelqu'un qui en avait besoin. Cette expérience bienfaisante et bouleversante m'a fait prendre conscience, plus que jamais, que nous tous, jeunes, avons un rôle à jouer. Si je doutais encore de l'existence du Seigneur, ce rassemblement m'a prouvé le contraire. Ecclesia Campus est un rassemblement certes mais c'est surtout pour chaque jeune une ouverture à vivre la communion en Christ avec d'autres jeunes et d'en ressortir grandis et fortifiés par l'Esprit Saint".
PAULE-ALEXANDRINE ZIKAKPE, L1 droit UPEC

"Ecclesia Campus aura été pour moi une bouffée d'oxygène. Ce fut un vrai temps de rencontre, de partage et de prière sous le signe de la confiance !! Et j'ai pu me rendre compte à quel point nous sommes nombreux à louer notre Seigneur !!"
David, IUT commerce

"Le séjour à Grenoble, organisé par Ecclesia Campus, fait partie de ces moments qu'on n'oubliera pas. Des milliers de personnes réunies pour une même cause, partageant leur foi et de bons moments. C'est ce qu'est parvenu à faire Ecclesia Campus. L'organisation du séjour, de l'accueil à la messe de départ, en passant par des conférences, des activités et un hébergement formidable. C'est en rentrant chez moi et en ouvrant la pochette offerte dès notre arrivée à Grenoble que je pèse et réalise à quel point ce voyage a été parfait. Unis et réunis autour du thème de la confiance, nous avons pu rencontrer, échanger et découvrir une ville qui nous a accueillis à bras ouvert.
MERCI pour tout Ecclesia Campus, les souvenirs, l'organisation et ce formidable moment que l'on a passé ensemble".
Edouard, M2 UPEC AEI Entrepreneuriat International et PME

"Un week-end de partage, d'amour, et d'union, où en ressent toute la ferveur chrétienne. Le Seigneur ouvre les cœurs et touche chacun de nous. C'est ce genre de moment ressource et essentiel, où on en ressort boosté et chargé à bloc.
Venez à Chartres et au Mont St Michel avec nous !!! Osons la Confiance !"
Ricardo, L3 droit, UPEC

"Ecclésia Campus c'est un rassemblement de plus de 3000 étudiants qui a eu lieu à Grenoble sur le thème de la confiance. L'ambiance était à la joie et au partage. Nous avons eu des nombreuses conférences dont une sur la crise de confiance dans la société et quelles étaient les clés pour construire la confiance en soi et dans les autres avec Domique Quinio (ex-rédactrice en chef de La Croix) et François-Xavier Bellamy. Ensuite le samedi après-midi et le dimanche matin les étudiants étaient répartis en petits groupes sur des thèmes de réflexion choisis, j'ai participé à un exposé sur la confiance en soi et dans les autres et à une table ronde sur la confiance dans la souffrance. Cette table ronde fût un moment très poignant et intéressant car nous avons eu le droit au témoignage d'une trisomique et du père Vandenbeush, otage au Nigéria. Ce weekend était aussi basé sur de la bonne humeur avec une veillée tout en chansons, sur les rencontres et le partage. Cela m'a énormément apporté autant dans mes réflexions sur la confiance que dans la joie de voir autant de jeunes Chrétiens rassemblés !"
Sophie Chanteur en 2ème année

"Les 31 janvier et 1er février 2015, plus de 2500 étudiants venus de communautés chrétiennes de toute la France ont convergé vers Grenoble pour le rassemblement national étudiant Ecclesia campus. Le weekend a compté des moments forts rassemblant la totalité des participants mais aussi des ateliers en comité plus restreint. La confiance fut le thème majeur de cette rencontre, marquée par des interventions mémorables de François-Xavier Bellamy, Dominique Quinio, Marc Rastoin, Mgr Guy de Kerimel... Les temps de prière portés par une belle liturgie et soutenus par les aumôniers nous ont fait puiser la confiance à la source afin de rayonner dans nos milieux de vie quotidiens".
Arthur Bouchut, ENS, Cachan

LES INSCRIPTIONS SONT OUVERTES POUR LE PELERINAGE DES JEUNES EN TERRE SAINTE

pelerinage-terre-sainte-jeunes-diocese-creteiNous voici prêts pour une nouvelle aventure pour l'été 2015 ! Plus motivés que jamais !
Si tu a été déjà inscrit l'an dernier et/où si tu as le désir de suivre les pas de Jésus dans les lieux où il a vécu, n'hésite pas à nous rejoindre.

Nous partons cet été en Terre Sainte avec notre évêque, Mgr Santier. Des nouvelles inscriptions sont possibles ! 


Modalités de paiement : 1er versement de 400 euros lors de l'inscription à rendre avant le 1er décembre 2014.

Contact : Horatiu Darabus, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., 01 45 17 23 78

Une entrée dans le temps de l'Avent au monastère de l'Annonciade

Le dimanche 30 novembre après-midi, de 14h à 21h, au monastère de l'Annonciade, à Thiais, il est proposé aux jeunes qui le désirent une introduction à ce temps fort qui marque le début de l'année liturgique.

Déroulement de la journée

  • 14h : accueil
  • 15h15 : introduction à la Lectio Divina
  • 15h30 : une heure de Lectio divina. La première demi-heure, seul, puis en petites équipes avec une soeur
  • 16h30 : pause
  • 17h : adoration eucharistique, possibilité de vivre le sacrement de la réconciliation
  • 17h30 : office des vêpres précédée d'une introduction à cet office liturgique
  • 18h : eucharistie avec un enseignement sur les textes du jour
  • 19h30 : échanges autour d'une soupe et Open Music
  • 21h : office des complies

Contact : Horatiu Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. 01 45 17 23 78

Témoignage des jeunes partis à Auschwitz

«Si comprendre est impossible, connaître est nécessaire, parce que ce qui est arrivé peut recommencer, les consciences peuvent à nouveau être déviées et obscurcies : la nôtre aussi »
Primo Lévi

Avant de laisser la plume aux jeunes qui vont témoigner de leur voyage, j'aimerai préciser quelques points sur ce voyage.

Quelques sont les raisons qui m'ont poussé à proposer ce voyage ?

  • pour essayer de comprendre le rejet de certains sur ces évènements
  • pour que moi aussi, je ne devienne pas un bourreau , pour ne pas rester indifférent.
  • par ma mission ecclésiale, c'est pour réfléchir et faire réfléchir sur le thème de l'exclusion pousser à l'extrême – Qui suis-je pour supprimer mon prochain ?

Les quatre objectifs composent ce projet :

  • Un projet communautaire scolaire regroupant des grands lycéens et des adultes - nous étions 26 adultes et 14 jeunes - .
  • Un projet pour une invitation au dialogue : le groupe se compose des juifs, catholiques et musulmans : la visite de Wadowice - ville natale de Jean Paul II – comme support à l'histoire de ce dialogue.
  • Un projet pour s'impliquer dans un travail de mémoire en allant sur les lieux accompagnés d'un témoin , Madame YVETTE LEVY.
  • Un projet pour une meilleure connaissance du judaïsme – avec l'aide de Madame DANIELLE GUERRIER -

Dans ce groupe de 40 personnes, des personnes de toute génération, de toutes religions ou sans . Chacun est venu avec ses questions, ses interrogations , sa foi - le respect a été le maître mot de ce voyage et en premier, le respect de tous ceux qui sont morts.

Trois journées entières à ce voyage :

  • la journée du mardi 18 février : visite de la Judenrampe, du camp de Birkenau et de la synagogue de Osswiecim
  • la journée du mercredi 19 février : camp de Auschwitz 1 , visite du centre de dialogue et visite de Wadowice
  • la journée du jeudi 20 février : visite du quartier juif Kazimierz de Cracovie , visite du guetto de Cracovie et visite au Plaszow ( camp de concentration de Cracovie).

18 février à BIRKENAU

Témoignages de la journée du 18 février à BIRKENAU par Sarah – Léa – Audrey – Samanah

En partant ce matin, nous appréhendions cette journée qui s 'annonçait particulièrement éprouvante. Notre premier contact avec l'Histoire fut très touchant ; la Judenramp, la marche en silence jusqu'à Birkenau. Bien que nous soyons d'âge et de religions différentes, nous avançions tous dans le même esprit ; essayant de comprendre comment l'Humanité a pu en arriver là. « Essayez d'imaginer ...» répétait Yvette.

Le témoignage d'Yvette permettait de rendre la réalité à ces faits si souvent appris dans mes livres, mais qui toujours me paraissaient lointain. La vue de ces blocs et de ces chambres à gaz a provoqué en nous, un sentiment de haine et de colère envers ces « hommes ordinaires » qui traitaient leurs semblables comme des moins que rien.

A travers son témoignage, nous avons pu ressentir son histoire, ses émotions. Le récit de simples détails nous a touché en plein cœur ; la précision avec laquelle elle se souvenait de chaque nom des personnes de son bloc, de son arrivée et du besoin de se redresser et respirer un grand bol d'air pur et pour ne trouver qu'une odeur insoutenable mais aussi son traumatisme face à la brutalité de leur « accueil » et de l'ordre de se déshabiller.

Ce que nous retenons aussi, c'est l'immensité de ces camps, de la détresse et du silence qui en émanent, des voies de chemin de fer qui n'en finissent pas : on se sent comme anéantis, au milieu de ces corbeaux. Voir l'intelligence humaine, extraordinaire, réduite à rien.

Alors en ces moments là, nous ne pouvons que transmettre et partager, car comme le prêtre Manfred, au centre de dialogue judéo-chrétien , nous l'a dit « il est plus facile de parler à l'autre, que de l'écouter »

19 février au camp de Auschwitz 1 et visite de Wadowice

Témoignages de la journée du 19 février par Antoine, Paul, Nicolas et Evan


La journée de Mercredi fut particulièrement éprouvante, notamment pour nous, les jeunes. La visite du camp principal d'Auschwitz a en effet marqué les esprits des adolescents. A l'inverse du camp de Birkenau (Auschwitz II), la plupart des bâtiments et infrastructures sont intactes. "À Birkenau, nous n'avions vu en grande majorité des ruines, raconte Paul. Aujourd'hui à Auschwitz, nous avons pu réellement nous approprier le lieu pour nous projeter dans les conditions du passé. Ce n'était plus simplement de l'histoire; là on était devant des faits".

Après la visite de plusieurs "blocs" où des objets et des photos étaient exposées, un certain nombre de jeunes sont venus nous parler de leur ressenti et de leurs impressions. L'exposition des 2 tonnes de cheveux arrachés aux déportés a été une des plus marquante. "Ce qui m'a particulièrement choqué, c'est l'exposition des cheveux et des affaires d'enfants", témoigne Magalie. "Ça m'a donné un aperçu de l'horreur et du massacre de tant d'innocents...".

Au long de la matinée, la visite des blocs s'enchaîne. Objets, photos... Plus d'un jeune est troublé par ce qu'il voit. "Horrible", gémit Antoine P. "Les photos des prisonniers nus et amaigris... Je suis écœuré". "J'ai été plus marqué par les photos d'enfants et l'exposition des valises. Ça permettait de mettre quelques noms et un aspect personnel sur des dizaines de milliers de personnes". On pouvait, on retiendra cette petite phrase de François qui a toujours le mot pour détendre l'atmosphère : "Eh ben! Y a des chaussures d'été, d'hiver, y a de tout !".

La visite du camp est également marquée par la visite des cachots. "Quand on pense que parfois 30 personnes étaient enfermées dans la même cellule, sans lumière... La lumière, c'est l'espoir..." viendra déclarer Baptiste, troublé par l'étroitesse de ces geôles de trois mètres carrés.

Enfin, l'entrée dans le Krematorium I. L'atmosphère, entretenue par un éclairage incandescent sur des lampes d'époque, est pesante. Sur les murs de la chambre à gaz, des traces de griffures sont encore visibles. En fait, elles semblent dater d'hier. Ces sont ces traces, sombre témoignage des dernières résistances des déportés dans un ultime sursaut de désespoir, qui ont marqué à vie les membres de notre groupe, telles des peintures de l'enfer. Les jeunes en particulier, sont choqués. "J'ai failli pleurer dans la chambre à gaz", avoue Antoine. "C'est comme si on ressentait tout ce qui s'est passé là-dedans. Ça m'a vraiment pris aux tripes". "Je me souviendrai de cette image toute ma vie" nous dit Nicolas. Le témoignage de Samanah est un des plus marquant: "La vue de tout ça m'a remplie de tristesse parce que les gens qui ont fait ça étaient devenus des bêtes. On les a tellement humilié, déshumanisé qu'ils n'avaient plus qu'une seule idée en tête: survivre. C'est comme si le mur était griffé par des animaux, des animaux qui étaient des hommes".

Après un déjeuner copieux, le groupe est invité dans les locaux du Centre for Dialogue and Prayers in Oświęcim [Centre de dialogue et de prières d'Auschwitz] et reçoit les explications du père et docteur Manfred Deselaers, auteur de plusieurs ouvrages sur l'extermination des juifs à Auschwitz, notamment un essai sur le commandant du camp, Rudolf Hoss, intitulé And your conscious never haunted you ? [Et ta conscience ne t'as jamais hanté?], paru en 1997*. "C'est facile de parler aux gens", déclare-t-il à propos du dialogue judéo-chrétien, "mais c'est moins facile de faire parler les gens entre-eux". Durant une heure, il nous résume l'histoire du centre et ses activités. Le Dr. Manfred en est aujourd'hui le vice-président, et a reçu plusieurs récompenses pour son engagement et ses actions, notamment en faveur de la réconciliation germano-polonaise. Nous retiendrons sa dernière phrase, que beaucoup ont retenu comme un symbole d'espoir: "Faites un monde meilleur".

*Une nouvelle version est parue en 2001 sous le titre God and Evil [Dieu et le Mal], ndlr.

jeudi 20 février au quartier juif Kazimierz de Cracovie , visite du ghetto de Cracovie

Témoignages de la journée du 20 février par Antoine, Philippine, Magalie et Antoine


Ce matin, nous avons vu la vieille synagogue, on nous a raconté l'histoire du quartier « il y a eu un incendie , on a accusé les juifs et ils ont été rejetés » .
On a vu une autre synagogue et le cimetière : « joli, intéressant, impressionnant »
Au cimetière : le fait que les pratiquants se « lavent » les mains en sortant du cimetière car ils se purifient après avoir accédé à l'âme d'un défunt.
Le mur avec les pierres tombales qui ont été détruites mais dont certaines ont été retrouvées à la fin de la guerre.
Le fait que les tombes ne soient pas fleuries mais soient garnies de pierres. Pour les juifs, les fleurs ne sont pas éternelles contrairement aux pierres.

A l'usine de Schindler, des personnes étaient déçues de ne pas la visiter ( faute de temps) .

Nous avons aussi visité la pharmacie de l'aigle, un lieu émouvant.
La place en face de la pharmacie avec les chaises qui représentent les juifs partis. On ressent un vide, quelque chose qui manque.

La différence de grandeur, de décoration des synagogues. Certaines sont hautes, comme la synagogue Haute et d'autres sont décorées comme la synagogue Rémuh à coté du cimetière à la différence de la vieille synagogue.

Malgré les années passées, on ressent toujours une certaine présence dans le ghetto de Kazimierz.

Le camp de Plaszow nous a beaucoup marqué notamment le monument représentant les juifs avec un trou à la place du cœur. Au camp de Plaszow, Pierre m'a avoué qu'au Mémorial, il s'est rendu compte qu'on était « si petit par rapport aux 6 millions de juifs assassinés ». Yvette a apporté une question « si la terre pouvait parler, que nous dirait-elle ? »

Non

Non, je n'y arrive pas.
Je n'arrive pas à apaiser en moi
Ce noeud funeste qui m'étreint.
Comme une douleur latente et tenace
Ma vie s'arrête.
C'est comme une montre déréglée
Qui m'aurait plongée dans un temps
Que je n'ai pas connu
Mais que je sais.

Où sont-ils tous?
Où sont ces enfants qui chantaient sur le chemin
En ignorant que leur avenir n'était plus ?
Où sont ces femmes agrippées à leurs fils,
Le regard affolée par l'inconnu, l'angoisse au ventre
Rongées par la certitude du malheur ?
Où sont ces hommes décharnés et puants
qui charriaient les cadavres calcinés
En sachant que bientôt
Ce serait leur tour ?

Je n'y arrive pas.
C'est comme un cri douloureux
Qui ne renonce pas et me lacère.
J'ai la bouche en cendres et le regard déformé.
Il me semble qu'un monstrueux caléidoscope
Me déforme même les gestes les plus simples.

Comme une lithanie, une sombre comptine,
Une phrase s'écrit en lettres brûlantes :
Faites, Mon Dieu, que plus jamais
Non, plus jamais,
Des générations futures viennent visiter
Des amas de briques noircies par un feu
D' apocalypse,
Des murs lacérés de griffes d'agonie,
Des fours dont la bouche de fer
Gardent encore vaguement
L'odeur des chairs calcinées,
Des vitrines emplies de tous ces riens
Qui deviennent dénuement
lorsqu'ils vous sont pris.

Faites, Mon Dieu
Que l'homme vous ressemble enfin.

Annick FEBVRE

Les vitrines

 

Le ventre noué et les larmes bloquées dans mon âme
J'imagine leur faim et leur dénuement.
Casseroles rouillées et cuvettes cabossées,
Tendues par des mains décharnées de chagrin,
Elles s'entassent dans un cimetière dérisoire.
Une vitre les protègent. De quelle envie malsaine?

Regarde bien, ô visiteur
Ces bagages de voyageurs
Qui ne savaient plus rien
Que leur nom bafoué par un tatouage.

Regarde bien, ô visiteur,
Cette vitrine inique
Où les pauvres cheveux blancs
Signent d'un trait infâme
L'énormité.

Reliques minuscules d'enfants sacrifiés,
Leurs chaussures n'avanceront plus.
Elles ne courront plus au soleil ni se balanceront.
Les volutes noirâtres des fumées nauséabondes
Ont envoyé leurs pieds roses et potelés
Dans l'enfer.

Brosses à dents, rasoirs, blaireaux, peignes et brosses
Tout est là pour nous dire
Que c'était des hommes
Que c'était des femmes
Qui ne sont plus.

Alors, regarde, toi le visiteur d'un autre monde,
Le coeur soulevé par ces visions,
Regarde tous ces objets que tu as toi aussi
Et dis-toi bien qu'un jour peut-être
Des bourreaux intelligents et organisés
Pourraient te les prendre
Et te tuer
Et te brûler

Tu ne serais plus que lambeaux
Tu n'aurais plus ni enfants ni famille
Tu ne serais plus qu'un chiffre
Gravé dans ta chair
Qu'un cadavre décharné prêt pour la mort.

Fais bien attention à toi et aux autres.
Racisme et xénophobie sont des inventions humaines.
Le bouc émissaire n'est jamais loin.
C'est à toi qu'il appartient
De dire
De refuser pour qu'il n'y ait plus jamais ça.

Annick Febvre

 

 

Echo du Voyage à Auschwitz

En février 2014, un voyage en Pologne à Cracovie, Auschwitz, sur les « lieux de mémoire », est organisé à l'initiative de l'Aumônerie de l'Enseignement Public du Lycée C. COLOMB de Sucy-en-Brie, pour les jeunes lycéens.

Mais pourquoi certains jeunes font-ils cette démarche ? En voici leurs principales motivations :
Pour tous il est important de savoir, de connaitre, ils ont en effet appris l'Histoire au lycée, mais « cela m'apportera un élément visuel que je n'ai jamais eu et ce sera « vivre l'Histoire ». « En savoir plus sur les horreurs de la guerre n'est pas quelque chose dont on ressort indemne. »
C'est une expérience difficile qu'ils s'apprêtent à vivre : « je sais que ce voyage sera difficile, psychologiquement, que je verrai ou entendrai des choses qui pourraient me perturber... » « Je m'attends à de très fortes émotions. »
Ils veulent comprendre, même s'ils se sentent dépassés : « quand on est plus jeune, je trouve qu'on ne se rend pas vraiment compte, qu'on écoute ce qu'on nous raconte comme une histoire irréelle, improbable. » « Comment imaginer de telles cruautés envers d'autres humains ? Comment concevoir les tortures infligées ? »

Mais surtout il y le « devoir de mémoire » évoqué dans toutes les lettres : « ne pas oublier », « être porteuse de cette mémoire auprès d'autres », « transmettre aux générations futures... » « Parce qu'il ne faut jamais qu'une telle chose se reproduise. »

A leur retour, ils auront à cœur de nous partager leur voyage.

François ROCHEREAU