INTERVENTION DE MGR MICHEL SANTIER en clôture de l'opération ASA 2017

Pendant tout ce mois d’août à Créteil et ici à Villejuif, comme bénévoles vous avez accueilli de nombreuses familles avec des enfants, des personnes seules. Vous avez accueilli chaque personne avec le sourire ; vous avez pris le temps de les écouter car, si elles ont faim, si elles cherchent à faire subsister leur famille, à faire que leurs enfants ne souffrent pas trop de leur situation précaire, ces personnes ont toute leur dignité.

Certaines même ont été invitées à participer à cette action de distribuer les repas ; à travers le service de l’autre, elles reprennent confiance en elles. En fait, il s’agit d’une hospitalité. La plupart des bénéficiaires viennent des pays du Maghreb, d’Afrique, d’Asie, en résumé de l’Orient. Nous savons, nous connaissons, ou nous l’avons vécu par expérience, l’importance de l’hospitalité, de l’accueil, dans leur culture. Aussi, après avoir rêvé d’échapper aux conditions difficiles dans leur pays, après avoir cru que la France, l’Europe, étaient un pays d’Eldorado, (ce qui est entretenu par ce qu’ils voient à la télévision), ils tombent de haut !

Ce mois d’août est, pour eux, comme une oasis dans le désert de l’été où beaucoup de personnes quittent leur quartier, leur cité, pour des vacances, et ces personnes se retrouvent alors seules.

Ce qui se vit à ASA, et chaque bénévole est un visage d’ASA, qu’il soit jeune ou qu’il ait des cheveux d’argent, bénévole expérimenté ou bénévole nouveau, change le regard de nos frères et sœurs dans la difficulté, sur la France et sur l’Eglise.

Ici, que nous soyons chrétiens pratiquants ou un peu en distance avec l’Eglise, non croyants ou musulmans, le service commun entre nos frères et sœurs les plus pauvres nous rapproche les uns des autres, nous fait expérimenter une vraie fraternité au point qu’à la fin du mois on ne sait plus trop qui est qui ! Nos regards sont tournés vers celui qui est en manque et nous vivons entre bénévoles, entre bénévoles et bénéficiaires, une vraie hospitalité. Nous accueillons en l’autre ce qu’il a de meilleur et celui-ci nous fraternise aussi par son accueil, son humanisme.

L’hospitalité, recevoir l’autre chez soi, dans sa maison, en soi c’est accepter aussi d’être reçu par l’autre tel que nous sommes. De là, cette joie qui règne ici malgré les difficultés et les fatigues de l’organisation. Partageant la Parole de Dieu, l’Evangile, ensemble avant la distribution des repas, nous donnons ensuite des mains à l’Evangile par tous ces gestes de partage, d’accueil, d’écoute, d’hospitalité.

ASA, un don de l’Esprit qui vient du diocèse de Paris et qui prend corps dans celui de Créteil pour le bonheur des bénévoles comme des bénéficiaires. Il est appelé à se développer, à grandir selon ce que nous ont dit l’imam et des amis musulmans à Créteil. Cela suppose de trouver de nouvelles ressources, de nouveaux bénévoles. Je compte sur vous, sur votre imagination.

J’exprime ma gratitude à monsieur Philippe Brouant, à monsieur Denis Brot, monsieur Jean-Arnaud de Lasa, à Bernard et Simone Baudry, à Jacques et Françoise Béchet, à Marie Thérèse Picard, à tous les bénévoles engagés dans cette aventure, cette chaine de l’amour.

Que l’aventure continue !

+ Mgr Michel Santier