ASA Quésaco ????

Chaque été depuis quelques années, vous revoyez apparaître ces trois lettres dans vos feuilles paroissiales quand arrive le mois de juin.

Mais que veulent-elles dire ?
En quoi est-ce important ?

ASA
Août Secours Alimentaire.
Créé en 1994 à Paris à la demande de Mgr Lustiger, pour pallier à la fermeture, pendant les vacances d'été, de tous les centres d'aide alimentaire, ASA s'est malheureusement révélé indispensable :
4 à 5 centres à Paris, 1 en Seine St Denis, 2 dans le Val de Marne,
Plus de 450 bénévoles (plus de 100 pour notre diocèse)
Un budget de 450 000€ et 68 000 équivalant repas servis en 2014,
40% des achats à la Banque Alimentaire, 40% à un distributeur.
Un financement par les mairies, la Fondation Notre Dame et 40% de donateurs privés.
ASA est une « grosse machine » mais c'est surtout un développement de Diaconia, un travail d'équipe ou les « clients » sont vraiment des personnes et un lieu d'implication avec la communauté musulmane. (Plus de 50% de nos accueillis en viennent) C'est un début de partenariat avec cette communauté, un travail ensemble pour développer la fraternité.
Près de 1050 personnes, de 18 nationalités, ont ainsi été aidées l'année dernière dans notre diocèse. Derrière chaque visage se cache un drame humain et l'aide n'est pas seulement alimentaire.
Voici quelques témoignages d'organisateurs et de bénévoles pour mieux « sentir » de l'intérieur, ce beau service.

CB, du comité de pilotage :
C'est un concours de circonstances incroyable qui a permis l'ouverture d'ASA Val de Marne. Un jour, à la fin de l'hiver 2013, Patrick Pottrain a présenté au Conseil Diocésain de la Solidarité ce qui se faisait à Paris l'été : comme les associations d'aides alimentaires ferment l'été pour que les bénévoles puissent souffler, les gens arrivent en masse demander de l'aide et tout le monde est débordé. C'est la raison pour laquelle a été créée ASA.
L'idée est applaudie par tous qui décident de s'impliquer. Patrick Pottrain va rencontrer Mgr Santier qui, lui aussi, est emballé par l'idée... et tout s'enchaîne.
Les premières démarches sont entreprises en mars/avril et...nous ouvrons en août ! C'est l'Esprit Saint qui a tout fait !

Après le décès du regretté Patrick Pottrain, l'évêque a demandé à un autre diacre, Bernard Baudry, de piloter l'opération pour le diocèse de Créteil.

Marina B, bénévole : 
Je suis bénévole à ASA depuis le début. J'y vais les trois jours durant tout le mois d'août et j'y ai découvert Patrick Pottrain. J'ai beaucoup partagé avec lui, il avait de nombreux projets.
J'ai été appelée par ma paroisse car je fais déjà partie de Saint Vincent de Paul où j'aide le matin, l'après-midi je vais servir ASA.
L'année dernière, Patrick Pottrain avait d'ailleurs donné à St Vincent de Paul la nourriture qui restait de ASA.
Ce que j'apprécie dans ces expériences c'est le contact avec les personnes démunies, donner du réconfort et les remotiver.

Solange A, doyenne des bénévoles :
C'est Patrick Pottrain, qui est à l'origine de tout. Il a proposé de faire ici ce qu'il avait vu à Paris.
Depuis 2 ans j'aide une fois par semaine en août de 14h à 17h. Puis une autre équipe nous remplace, pendant que nous faisons un partage d'Evangile que Patrick, diacre, commentait.
Nous arrivons d'avance pour préparer les colis, en particulier les œufs. Nous en donnons 2 par personne, il faut donc couper les boîtes à œufs pour les adapter au nombre demandé.
Les personnes sont là bien avant l'ouverture et attendent dans la cour. Dès la deuxième année nous avons couvert cette cour et installé des tréteaux.
Il y a des personnes qui s'occupent des enfants et les font dessiner.
Comme il y avait de nombreuses personnes musulmanes chez les bénéficiaires, Mgr Santier a demandé à l'Imam de nous aider. Il nous a donné des marchandises de « chez eux » (Dattes...) et envoyé plusieurs bénévoles, en particulier une jeune fille de 16 ans....
Les Restos du cœur ferment le 10 juin ; je connais une dame qui y travaille et vient nous aider en août, elle retrouve ses « clients » à ASA
Il y a des colis spéciaux « sans cuisson » pour les personnes qui n'ont rien pour cuisiner. Egalement des colis sans porc. Même pour les bébés et les enfants il faut faire attention aux petits pots qui contiennent du jambon.
En 2014 nous avons également eu des fruits et légumes frais. Nous n'avons jamais manqué de nourriture.
Il y a tant de demandes que depuis l'année dernière une deuxième antenne a été ouverte à Villejuif.
A la fin de la saison dernière, l'Imam nous a invités à visiter la nouvelle mosquée de Créteil. Elle est très belle avec un immense tapis bleu, un très joli lustre et des frises taillées à la main. Il y a un étage pour les femmes. Nous avons ensuite eu un goûter de pâtisseries orientales.
Bien sûr, je reviendrai cette année.

Marité, responsable d'un centre :
Nous fonctionnons 3 jours par semaine, les lundis, mercredis et vendredis pendant les 4 semaines du mois d'août. Avant chaque distribution nous prenons un temps de prière, au milieu de nos colis. Il s'agit d'être au service, avec patience, audace et écoute.
Nos « clients » viennent de plus en plus tôt et ont souvent plus de 2h d'attente. Ils arrivent tôt pour pouvoir parler. Ce temps avant est important, il faut donc être présent avec eux dans la cour ; ce temps de « communion » est l'âme d'ASA, presque plus important que le colis lui-même.

Christine X, bénévole :
Se demande si les bénéficiaires ne pourraient pas participer en rangeant et en nettoyant comme dans les TOP. Elle voudrait également proposer aux enfants des activités comme dans les kermesses et pas seulement des coloriages.

Marc P, responsable :
Les bénéficiaires viennent, envoyés par nos partenaires sociaux (Mairies, CCAS, Assistantes sociales...) qui leur remettent des cartes avec le nombre de personnes dans la famille.
Nous aurions besoin de personnes parlant arabe comme interprètes. Peut-être pourrait-on en trouver parmi les accueillis.