Paroles d’évêque

Message de Mgr Michel Santier à l’occasion du 2ème tour des élections présidentielles

Chers diocésains,

De retour, après une absence de plusieurs jours, je trouve des messages me demandant de prendre position à l’égard du scrutin décisif qui se déroulera dimanche.
Je comprends le sentiment d’urgence qui motive ces demandes, mais je crois dépassé le temps où les responsables de l’Église pensaient devoir passer d’impératives consignes de vote aux fidèles. C’est pourquoi, aux prises de positions des groupes de chrétiens qui ont fait connaître le sens de leur vote, j’ajouterai seulement le témoignage de mes actes.

Depuis 10 ans que je suis parmi vous, à la manière du Pape François, je suis allé sans relâche à la rencontre des croyants des autres religions : juifs, musulmans et bouddhistes. J’ai soutenu les chrétiens et les paroisses qui accueillent les réfugiés. J’ai visité des camps de Roms et me suis rendu à la rencontre des gens du voyage.

Par tout cela j’ai signifié « l’importance pour l’Église de ne pas s’affirmer comme une contre-culture mais d’être présente dans des rencontres et des dialogues fraternels et exigeants au cours desquels chacun apporte et reçoit. Une Église de "plein vent", heureuse de partager les richesses de sa tradition et de les mettre au service du bien commun et du combat pour la dignité humaine »[1].

Dimanche c’est dans cette logique que s’inscrira mon vote porté par une décision personnelle, qui vise la fraternité selon l’Évangile dont avec vous je m’efforce de vivre.

Fraternellement
+ Michel Santier

[1] « Orientation missionnaire n° 1 », Actes du Synode diocésain de Créteil Octobre 2014 – Octobre 2016 p. 17.

Au soir du 23 avril ...

A l’heure où j’écris cet éditorial, notre pays vient de découvrir les résultats du premier tour des élections présidentielles.

Comme vient de le rappeler la Conférence des évêques de France : « l’Eglise n’appelle pas à voter pour l’un ou l’autre des candidats, mais redit l’importance du vote : acte citoyen, acte responsable dans une démocratie. »
Dépositaire du message de l’Evangile qui inspire l’Enseignement social, l’Eglise catholique rappelle aussi certains principes fondateurs comme la recherche du bien commun, la destination universelle des biens, la mise en œuvre de la fraternité, l’attention aux plus fragiles, la dignité de la personne humaine et la subsidiarité.

Il me semble important que des chrétiens, de plus en plus nombreux, puissent se former à la pensée sociale de l’Eglise. C’est pourquoi, dans la dynamique du Synode, je vous engage à participer à l’une des trois soirées organisées par le nouveau Service diocésain « Famille et Société », en partenariat avec le Service des formations.
En cette année d’élections, il faut qu’en divers lieux sur le diocèse, se lèvent des animateurs capables de conduire des parcours, afin que la pensée sociale de l’Eglise puisse rayonner dans notre démocratie. Car quelle société voulons-nous construire ?

Avec les évêques des France, je veux réaffirmer notre foi en « une société où l’être humain est plus qu’un élément du processus économique ou technologique ! La dignité de notre société se reconnaît au respect des plus faibles de ses membres depuis le début de leur vie jusqu’à leur fin naturelle, mais également des plus pauvres qui vivent seuls ou dans des quartiers défavorisés ».

De ce point de vue, j’ai été fortement impressionné lors de ma participation à la rencontre nationale de la JOC le samedi saint ! J’y ai entendu le cri d’une jeunesse multiculturelle, qui se reconnaît enfant de Dieu et que nous ne devons ni oublier, ni délaisser !

Notre monde, notre société française a soif de Dieu ! C’est une réalité que je perçois en tous lieux. J’en veux pour preuve les 150 adultes et les 65 collégiens et lycéens baptisés durant la veillée pascale à travers tout le Val-de-Marne. Le Seigneur continue d’appeler chacun par son propre nom. Il faut donc des éveilleurs, des éducateurs, des animateurs pour aider chacun à discerner dans la vérité, sa réponse en totale liberté. Il faut des hommes et des femmes pour aider, former, accompagner. C’est le rôle de chaque baptisé : être un acteur dans l’Eglise, a fortiori dans notre société, pour que chacun puisse répondre à sa vocation propre.

C’est pourquoi, j’éprouve une immense joie car le 28 mai puis le 25 juin, j’ordonnerais trois diacres puis deux prêtres. Oui le Seigneur continue d’appeler ! En cette année où nous célébrons les 20 ans du corps des Laïcs en mission Ecclésiale (LEME), je rends grâce pour la diversité des vocations dans l’Eglise, visage du Christ, en Val-de-Marne.

+ Mgr Santier
votre évêque

La vie des diocèse avec Mgr Santier : « Oser les Maisons d´Evangile »

« La Parole de Dieu est notre trésor et nous ne pouvons pas le garder pour nous. Nous avons à le partager avec tous ceux qu´on aime, tous ceux qu´on côtoie et à qui nous n´avons parfois jamais osé dire notre foi, jamais osé témoigner de ce que la vie avec le Christ nous offre. »

C´est ce que préconise Mgr Michel Santier aux catholiques du Val-de-Marne en les invitant, à « oser les Maisons d´Evangile » et à vivre un temps de rencontre intime avec le Seigneur, dans sa Parole lue, méditée et vécue. L´évêque de Créteil revient sur les différentes propositions durant ce temps de carême, notamment sur les « Journées du pardon », et le lien étroit entre l´annonce de la miséricorde et la mission.

Il détaille également les cinq priorités de sa dernière lettre pastorale, qui s´appuie sur le travail du synode diocésain.

édito de Janvier

On le sait, la famille reste aujourd’hui encore, et spécialement pour les plus jeunes, le lieu privilégié de l’apprentissage de l’amour, de la confiance et du pardon. Durant le Synode, j’ai entendu le désarroi de beaucoup face à la diversité des situations conjugales et familiales, jusque dans leurs propres familles et leur souhait que notre Eglise diocésaine sache se faire accueillante et miséricordieuse pour ceux qui se trouvent dans des situations difficiles, comme nous y invite le pape François dans son admirable exhortation Amoris Laetitia.
Que notre Eglise développe une pastorale du mariage capable d’accompagner, de former et de soutenir les jeunes couples sur la durée ! L’Eglise ne rajoute rien aux exigences de l’Amour. C’est l’Amour qui est exigeant. Alors, que notre Eglise soit vraiment le lieu où il est possible à tous d’expérimenter la Miséricorde de Dieu ! Tel est le souhait de votre évêque.

Dans cet esprit, j’ai voulu l’organisation d’une formation commune réunissant l’ensemble des acteurs pastoraux : prêtres, diacres, religieux et religieuses, laïcs en mission ecclésiale, services et mouvements diocésains pour entrer dans la beauté et la logique de cette exhortation qui nous invite au discernement et à l’accompagnement face à toutes les situations nouvelles présentes dans notre société. Nous nous sommes donc retrouvés nombreux les 6 et 7 janvier à St Pierre du Lac autour de deux conférencières d’importance : Sœur Geneviève Médevielle et Anne-Marie Pelletier.

On y a perçu qu’on ne pouvait pas réfléchir sur la famille sans la resituer aussi dans un contexte sociétal où les questions du logement, du travail, de l’éducation rejaillissent. Mais qu’il nous fallait aussi, sans cesse, nous enraciner dans la Parole de Dieu.

C’est pourquoi, devant l’urgence que constituent les questions familiales économiques, sociales et environnementales, j’ai décidé à l’issue du Synode de créer un Conseil diocésain « famille et société » qui regroupera les équipes et les mouvements de la pastorale des familles, la pastorale des fiancés et du mariage, la pastorale des personnes séparées, divorcées, remariées, la pastorale des familles concernées par l’homosexualité, et désormais, l’antenne diocésaine des Semaines Sociales de France, le pôle Justice qui reste à développer, ainsi que les rencontres avec les élus.
Dans les Assemblées synodales, beaucoup d’interventions ont souligné l’importance de mieux entrer dans la doctrine sociale de l’Eglise, qui nous invite à respecter le principe de la destination universelle des biens. L’intérêt général doit toujours être supérieur aux intérêts égoïstes et individuels. J’ai donc demandé que ce Conseil en lien avec les formations, propose des modules qui permettront de rentrer plus en profondeur dans cette doctrine, qu’il nous faut saisir et appréhender en cette année d’échéances électorales.
Pour vous y aider, je vous invite vivement à lire le petit livre des évêques de France : « Dans un monde qui bouge retrouvons le sens du politique » et vous encourage à participer nombreux aux initiatives qui auront lieu au cours des prochains mois à la cathédrale ou dans les paroisses autour de ses thèmes majeurs.

Mais dans le même temps, nous comprenons que la doctrine sociale a sa source dans la Parole de Dieu et est incarnée dans les situations du moment. Il nous faut donc entrer dans l’intelligence des Ecritures. C’est pourquoi je propose à tous un week-end de formation les 18 et 19 février au cours duquel je donnerai des clefs de lecture pour entrer dans l’Ancien Testament. Cette formation s’adresse à tous bien sûrs, mais aussi aux catéchistes, animateurs d’équipes liturgiques, de jeunes etc.
Dans cette attente, confions-nous, confions toutes les familles du diocèse à la Miséricorde de notre Seigneur.

+ Michel Santier