Paroles d’évêque

Lettre des évêques d’Ile-de-France aux catholiques de leurs diocèses – août 2015

Le catéchisme, c'est l'affaire de tous les membres de la communauté chrétienne

Chers frères et sœurs,

Jusqu'à peu, les premiers pas sur le chemin de la foi se faisaient au sein du noyau familial. Aujourd'hui, cela n'est plus aussi simple. Qui va permettre aux enfants de réaliser cette première expérience de la foi ?
70% des enfants scolarisés en France ne sont pas catéchisés et beaucoup n'ont jamais entendu parler du Christ. Grâce au catéchisme, ils peuvent enfin découvrir Jésus et l'Eglise. Et on constate que, parmi les enfants catéchisés en France, un sur dix se prépare au baptême.

C'est pourquoi, nous avons décidé de poursuivre un effort d'information en Ile de France au travers d'une nouvelle campagne de communication.
En effet, beaucoup de parents sont préoccupés de la manière dont ils vont pouvoir élever leurs enfants. Conscients de leurs responsabilités, ils souhaitent leur apporter ce qu'il y a de meilleur pour leur avenir. Or, nous en sommes témoins, donner à chaque enfant la possibilité de connaître le Christ et de choisir de le suivre, fait partie de ce qui permettra à celui-ci de trouver sa pleine dimension. Il faut transmettre cette bonne nouvelle aux parents.

La réussite de cette campagne dépend de chacun d'entre vous. En effet, il ne suffit pas seulement de poser des affiches dans les églises. Bien souvent les parents ne savent pas à qui s'adresser et attendent que quelqu'un fasse le premier pas pour les informer. Ils décideront d'inscrire leur enfant au catéchisme parce qu'ils auront pu en parler avec une personne qui connait un peu la paroisse et qui leur aura expliqué la marche à suivre.

Pour que cette campagne soit un succès, nous invitons donc tous les catholiques d'Ile de France à se poser quelques questions simples : Avons-nous une attitude missionnaire par rapport au catéchisme ? Quel accueil, quelle écoute réservons-nous à ces familles qui ne savent pas toujours formuler leur demande ? Comment aller à la rencontre de ces parents ?

Mais la responsabilité des communautés chrétiennes ne s'arrête pas à l'inscription des enfants. Tout au long de l'année, nous vous invitons à soutenir la démarche des enfants, à les accueillir chaleureusement à la messe, à les accompagner dans leur chemin de foi pour qu'ils prennent la décision de persévérer dans leur décision d'aller au catéchisme.

Réjouissons-nous de cette mission simple et bien concrète qui nous est confiée et portons ensemble toute ces familles dans notre prière.

 

Cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris
Mgr Eric Aumonier, évêque de Versailles
Mgr Michel Aupetit, évêque de Nanterre
Mgr Pascal Delannoy, évêque de Saint-Denis
Mgr Michel Dubost, évêque d'Evry
Mgr Stanislas Lalanne, évêque de Pontoise
Mgr Jean-Yves Nahmias, évêque de Meaux
Mgr Michel Santier, évêque de Créteil

L'Eglise en proximité

mgr-santier-02-juin2015-diocese-creteilLe 4 juin dernier, je rencontrais à St Pierre du Lac, les communautés de proximité.

Je veux redire ici combien elles sont chères à mon cœur. Elles me semblent essentielles pour signifier, VISIBLEMENT, combien l'Eglise locale est proche de ce que vivent les Val-de-Marnais, au quotidien. Combien l'Eglise prend soin les uns des autres.

Lorsque dans une ville, toute la vie chrétienne est concentrée sur l'Eglise « centrale », cela ne suffit pas ! Les personnes vivant en périphérie, ne se sentent pas concernées et décrochent. Elles ont besoin d'avoir un lieu d'ancrage pour rencontrer un réel visage d'Eglise. Et ce visage, c'est d'abord une chapelle, un oratoire.

Mais, pour que nos lieux d'Eglise soient vivants, ouverts, accueillants et fraternels, il faut d'abord que se constitue une équipe d'animation, qui donne, la première, le signe de la communion. Et pour cela, il faut prendre du temps pour prier ensemble, pour partager la Parole de Dieu, puis les événements du quartier, de la vie de chacun. On fait ainsi l'expérience que c'est la même foi en Jésus ressuscité qui nous unit les uns aux autres.

Cette équipe d'animation ne mobilisera pas toute la prise de responsabilités et l'animation ; dans une vision missionnaire, elle est sans cesse en éveil pour appeler de nouveaux frères et sœurs à un service.

Cette équipe d'animation liée à la paroisse ou au secteur pastoral devra répondre à la mission de l'Eglise diocésaine, à la mission de l'Eglise universelle, qui à la suite de Jésus-Christ, est appelée
• à annoncer l'Evangile – croire
• à donner la vie de Dieu à travers les sacrements – célébrer
• à vivre le service de la charité – vivre.

Au sein de l'équipe, il ne s'agira donc pas d'une simple répartition des charges. Mais vous aurez à cœur de discerner les dons, les charismes à vivre pour la construction du corps du Christ. Ainsi certains seront-ils appelés à animer ce qui se vit autour de l'annonce de la Parole de Dieu, l'éveil à la foi, la catéchèse au plan local...
D'autres ce qui se vit autour de l'Eucharistie et des autres propositions de prière – adoration, chapelet etc... D'autres enfin au service de la charité, auprès des personnes âgées, isolées, malades, qui tout d'un coup décrochent parce qu'elles ne peuvent pas venir à l'église le dimanche...

L'important étant de pas se laisser piéger par les questions d'organisation, de structure mais bien de veiller aux relations avec l'ensemble de la paroisse et avec le curé qui demeure le premier responsable de la communauté même s'il ne peut pas toujours être présent.
De même qu'il existe un coordinateur ou une coordinatrice de cette équipe d'animation, membre de l'EAP, de même la personne qui coordonnera les questions matérielles et financières sera en lien avec le conseil économique de la paroisse.

Nos lieux d'Eglise ne doivent pas seulement être un guichet, un lieu de renseignement, mais bien le signe de l'Eglise qui prend soin de chacun.

Michel Santier
Evêque de Créteil

Méditation de Mgr SANTIER lors de la veillée de prière du 1er mai à Villejuif

Les Béatitudes que nous venons d'entendre, Jésus ne les a pas simplement proclamées, il les a vécues.
Il est le pauvre en Esprit qui n'a jamais cherché à posséder de l'argent, du pouvoir ou mettre la main sur les autres.
Il a pleuré sur les habitants de Jérusalem qui ne l'ont pas reconnu le temps de sa visite.
Il a pleuré son ami Lazare avec ses sœurs Marthe et Marie.

Il n'a pas eu besoin d'écraser les autres, comme le dit le pape François, pour révéler qui il est et son message de paix.
Il est le Miséricordieux, celui qui révèle la Miséricorde de Dieu son Père, puisqu'il lui a demandé de pardonner à ses bourreaux.
Il est le cœur pur, lui qui ne voulait qu'une chose faire le bon vouloir de son Père.
Il est le Prince de la Paix puisqu'il ne s'est pas imposé par la violence et la force, mais qu'il a révélé l'amour de Dieu à travers la faiblesse.

Il ose proclamer
« Heureux ceux qui sont persécutés par la justice »,
parce que le premier il a subi les outrages, parce qu'il est allé au-devant des pêcheurs, il a guéri les malades annoncé la Bonne Nouvelle aux pauvres.
Son évangile a dérangé et dérange toujours.

Il ose nous dire
« Heureux êtes-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal à cause de moi »
Ce langage-là est trop fort, comme l'appel à aimer nos ennemis.
Cela ne peut se vivre par nos seules forces humaines, mais par le soutien de son amour, de sa grâce.

La mort d'Aurélie Chatelain, victime innocente d'une violence irraisonnée, nous révolte. Le sacrifice de sa vie a empêché, sans doute, que d'autres vies, celles des chrétiens qui se rassemblent dans cette église, soient arrachées à ce monde.
Mais nous sommes saisis par l'effroi et la peur. Prendre le chemin du Christ, accueillir son message n'est pas facile vu les circonstances.
Pourtant, Jésus ressuscité est bien présent au milieu de nous, et il nous donne une sérénité qui ne vient pas de nous, mais de Lui.

Il nous faut combattre la haine et la violence là où elle se trouve, pas par nous- mêmes, mais en faisant confiance aux policiers dont plusieurs ont donné leur vie.
Il est nécessaire que la douleur physique, parce qu'elle déshumanise, soit traitée et soulagée par les médicaments. La souffrance fait partie de l'existence humaine.
Jésus l'a vécue dans l'amour, Il nous a sauvé non par l'intensité de ses douleurs physiques mais par l'amour, le don de sa vie pour nous.
La souffrance ne peut être soulagée que par l'amour.

Les souffrances que traversent nos frères chrétiens d'Orient qui subissent des insultes, des persécutions, des mensonges à cause de leur foi, ne peuvent être supportées que s'ils sentent notre communion dans la prière pour eux, notre solidarité financière pour qu'ils puissent rebâtir des maisons, construire des écoles pour leurs enfants, pour pouvoir les nourrir, les habiller et retrouver leur dignité.

Eux-mêmes sont un témoignage qui stimule notre foi.
Nos chrétiens coptes sont morts en murmurant le nom de Jésus Sauveur.
Les chrétiens d'Irak regroupés à Erbil, dans le Kurdistan, disent : « nous avons tout perdu, ils nous ont tout pris, mais ils n'ont pas pu nous ôter la seule richesse qui nous reste : notre foi »

Que par ces évènements, notre foi en Jésus se réveille, se ravive,
Qu'elle nous donne la force de ne pas céder à la peur,
Qu'elle nous donne de vivre la fraternité, la solidarité avec les chrétiens de toutes confessions, les croyants de toutes religions, car c'est la meilleure réponse donnée à ceux qui cherchent à nous déstabiliser, à nous diviser
« Heureux les miséricordieux, ils obtiennent miséricorde »

+ Michel Santier
Evêque de Créteil

Déclaration de Monseigneur Michel Santier Evêque de Créteil Aux catholiques de son diocèse Après les attentats déjoués contre deux églises à Villejuif

Mercredi matin, nous apprenions par une dépêche du ministère de l'intérieur qu'un jeune étudiant en informatique projetait de manière imminente un attentat, vraisemblablement contre une ou deux églises à Villejuif.
Depuis, les investigations ont permis d'établir son implication dans le meurtre d'une jeune maman, Aurélie Châtelain, arrivée la veille en vue de participer à un stage de formation professionnelle. Nous redisons notre sincère compassion à cette famille brisée, que je vous demande de porter dans vos prières.

Je tiens par ailleurs à remercier les services de l'Etat, qui ont permis de déjouer ces attentats.

Je sais bien que l'émotion déborde au-delà des catholiques pratiquants et que beaucoup de Français sont touchés dans ce qui fonde leur histoire et leur mémoire profonde.

Après la stupeur et l'incompréhension d'une telle nouvelle, je demande à tous les catholiques du Val-de-Marne de rester unis et de ne pas céder à la peur !
Nos églises doivent rester ouvertes !
Nos célébrations doivent continuer à célébrer notre Espérance !
Nos communautés doivent être vigilantes !

Régulièrement, nous découvrons par la télévision et la presse, les exactions dont sont victimes les Chrétiens d'Orient ! Touchés dans leur chair, privés de leurs biens, ils résistent et continuent de proclamer leur foi en un Dieu d'Amour, tissant des ponts entre les diverses communautés de croyants et d'incroyants.
Aujourd'hui, ces événements val-de-marnais aiguisent vivement notre conscience : Oui, « nous sommes tous des chrétiens d'Orient », parce que nous sommes tous, chrétiens !

Notre résistance, ici en Val-de-Marne ne se fera ni par les armes, ni par la psychose ! Nous résisterons par notre calme, notre discernement, notre capacité à croire en la fraternité entre tous les peuples, entre tous les croyants, de toutes les confessions chrétiennes et de toutes les religions ! C'est notre rempart contre la violence.
Sur la croix, le Christ a tué la haine, et fait de nous des messagers de Paix

Enracinés dans l'Evangile, portés par l'Espérance en Jésus-Christ, je vous invite donc à aller plus loin dans l'élan de fraternité.
Soyons nombreux dans nos églises, ce dimanche ... et les dimanches suivants.

Michel Santier
Evêque de Créteil