Paroles d’évêque

Mgr Santier écrit à la communauté juive de Créteil après l'agression de deux jeunes

Après l'agression dont ont été victime deux jeunes « de confession israélite » samedi 24 mai au soir près la synagogue de Créteil (Val-de-Marne).
Ces frères, âgés de 18 et 23 ans, se rendaient à l'office du soir, quand ils ont été roués de coups par deux hommes.


Monsieur le Président du Consistoire de Créteil, Albert Elharrar

Monsieur le Grand Rabbin de Créteil, Alain Salomon Senior,

Je partage l'émotion et la peine de votre communauté de Créteil et de toute la communauté juive, après l'agression des deux jeunes en plein coeur de Créteil hier. Cette agression ajoute à l'horreur de ce qui s'est passé à Bruxelles. Ce sont des actes absolument inacceptables et révoltants.

Soyez assurés que je m'emploie, au sein de la communauté catholique, ainsi que dans la société, à lutter contre l'antisémitisme, à soutenir le respect de nos frères aînés dans la foi et la compréhension de leurs traditions, et à présenter leur désir de s'engager dans la société française comme citoyen à part entière.

Veuillez transmettre toute ma sympathie aux familles éprouvées et à toute votre communauté.

Au nom des catholiques de Créteil, j'exprime nos sentiments de compassion, notre prière, et le souhait que votre communauté puisse vivre dans la paix et non dans l'effroi.

Fraternellement,
+ Michel Santier


Le Père Benoit Hagenimana, vicaire épiscopal et curé de la Paroisse St Michel du Mont Mesly représentera Mgr Santier au rassemblement du lundi 26 mai à 20h30 dans l'enceinte de la synagogue de Créteil au 8 rue du 8 Mai 1945

Peut-on fêter les Rameaux sans fêter Pâques ?

Les branches vertes qui sont bénies lors de la célébration des Rameaux, nous les levons pour acclamer Jésus qui entre à Jérusalem.
Ces rameaux, nous les emporterons chez nous à la maison, comme signe de protection, car nous sommes dans un monde qui vit dans la peur et l'insécurité.
Mais ce n'est pas le rameau béni fixé sur le crucifix qui nous protège, c'est Jésus lui-même, qui a donné sa vie pour nous, sur la Croix.
La croix, elle n'est pas signe de provocation, elle le signe de l'amour !
En regardant la Croix, nous sommes invités à risquer notre vie, à la donner, en vivant le service de nos frères, compagnons d'humanité.

Après la procession des Rameaux, nous sommes entrés dans l'Eglise et avons écouté le récit de la Passion.
Bien qu'innocent, Jésus a été condamné au supplice sur la croix, mais il a fait de cette injustice un don, une offrande d'amour pour chacun de nous !
Jésus dans sa Passion, jusqu'au bout, est demeuré un témoin de la Paix ; il a pardonné à Pierre et à ses bourreaux. Sur la Croix, Jésus a vaincu la haine et la violence. Désormais l'amour a le dernier mot !
Si le monde tient encore, ce n'est pas grâce aux grands empires financiers... C'est grâce à tous les hommes, à toutes les femmes qui prennent des risques, qui donnent de leur temps au service des plus faibles, des exclus, et qui les aident à se relever et à retrouver leur dignité.

Les Rameaux, au début de la Semaine Sainte, annoncent que de l'arbre de la Croix jaillira la vie, une nouvelle création.
Ce passage de la mort à la vie, les futurs baptisés, 108 (adultes) pour notre diocèse, 3.000 en France, le vivront lors de la Vigile pascale.
Avec eux voulons-nous, nous aussi accepter que dans nos vies, les difficultés, les échecs puissent être un passage pour vivre autrement, pour renaître à une nouvelle vie plus humaine et plus heureuse ?
Ce passage, Jésus l'a vécu en premier et il nous entraîne à sa suite. Ayons confiance.

Joyeuses Pâques à tous les catholiques et à tous les chrétiens - car cette année nous fêterons Pâques le même jour - joyeuses Pâques à tous les habitants du Val-de-Marne !

 

+ Michel Santier
Evêque de Créteil