Paroles d’évêque

Noël !

Dans quelques jours, le monde entier célèbrera Noël, Dieu qui se fait homme ! Aujourd'hui encore, Jésus ne cesse de venir et de manifester sa présence.
Dans la mesure où nous vivons une annonce de l'Evangile renouvelée, Jésus lui-même, présent dans sa Parole, nous renouvelle et nous transforme.
Nous découvrons alors que nombreuses sont les personnes en attente d'une parole qui fait vivre. Une découverte qui résonne avec le thème de notre synode diocésain : « Avec Lui, prendre soin les uns des autres et partager à tous la Joie de l'Evangile. »

Prendre soin les uns des autres, c'est découvrir que tous ceux qui vivent un engagement au service des autres reçoivent beaucoup plus qu'ils ne donnent.
Dans le partage au sein des équipes synodales, nous ferons cette même expérience, et cette joie sera d'autant plus grande que nous écouterons et prendrons soin des plus fragiles, des plus petits. À travers eux, nous entendrons la nouveauté de l'Evangile et un nouveau visage du Christ, sur leur visage, éclairera le nôtre.

Le synode n'a pas pour but premier la réforme de l'Eglise et de nos institutions, mais bien l'annonce de l'Evangile, l'annonce du Christ à ceux qui ne le connaissent pas ! L'Eglise ne s'adresse pas à un monde statique et figé, enfermé dans ses certitudes, mais à tous, hommes et femmes prêts à se mettre en mouvement, en route !

Alors n'hésitons pas, ne tardons pas, ne nous laissons pas voler notre joie !
Laissons-nous porter par le souffle de l'Esprit !
Dans cette joie, je souhaite à chacun d'entre vous un beau Noël.

Michel Santier
Votre évêque

Rencontre sur la pastorale en monde ouvrier, Assemblée plénière des évêques de France à Lourdes

Vendredi 7 novembre 2014, Intervention de Mgr Michel SANTIER

Dans le diocèse de Créteil qui compte 1 million 300 mille habitants, 98 nationalités, et de toutes cultures, confessions chrétiennes, juives, et musulmanes, le monde populaire, le monde ouvrier est très présent.
Il est concentré dans des villes très peuplées, dont les habitants habitent surtout des immeubles, des cités, où se vivent la pauvreté, les précarités, le chômage, l'étroitesse des logements.
La vie des personnes au travail est très marquée par la longueur des trajets en transports en commun, et par la souffrance au travail lui-même.

Défis 

Même si la paroisse demeure, selon les témoignages entendus, un premier lieu d'intégration dans la cité, cette population se sent marginalisée et peu prise en compte.
L'Eglise, dans les paroisses et par la présence de chrétiens et de communautés religieuses au sein de leurs cités, est source d'espérance et offre une possibilité de parole ; quand ils peuvent prendre la parole ils sont quelqu'un.
La contemplation du regard du Christ sur les personnes rencontrées leur a permis de se relever ; les chrétiens, dans l'Evangile médité personnellement ou partagé en équipe, peuvent porter ce regard positif sur les personnes qui les entourent, en menant un dialogue constructif et réciproque.
Les membres des missions ouvrières locales vivant en proximité, comme d'autres acteurs, permettent aux habitants de ces cités de se raconter, d'inscrire ce qu'ils vivent dans une histoire et de repérer ce qui a pu les construire ou les blesser.
Cela aussi peut se vivre dans des fraternités, dans des cités, dans des communautés religieuses qui ouvrent leur porte, partagent leur prière, dans des communautés de proximité.
Tisser des liens de fraternité est un des défis essentiels face à la solitude de beaucoup de personnes, face à la peur de ceux qui sont différents ou d'une religion différente.
Lorsque des habitants des cités partagent l'Evangile avec leurs mots, celui-ci se révèle d'une forte actualité et transforme leur vie et leurs relations. Ce regard vécu en révision de vie ou relecture va permettre de découvrir la présence du Christ dans ces personnes, ainsi leur propre foi est transformée.

Enjeux

Dans ces quartiers à la population très diversifiée, l'enjeu pour l'Eglise n'est pas tant de chercher à faire nombre, mais de faire signe, et faire que la population ne se sente pas abandonnée, car la vie en Eglise comporte plusieurs cercles : celui des chrétiens à la foi chevillée, celui de ceux qui ne se sentent pas disposés à venir à l'Eglise et pourtant en recherche, ceux vers qui nous devons aller pour les rencontrer car ils n'ont aucune culture chrétienne, à qui une première annonce peut être faite à travers des événements personnels qui les touchent, ou des événements de leur cité ou plus largement du monde.
Un des enjeux au milieu de cette grande diversité n'est plus seulement la présence enfouie mais aussi une présence plus visible où on est invité par la rencontre avec ceux qui ne vient pas notre foi à un approfondissement, une affirmation respectueuse de cette foi qui nous fait vivre.
Il est essentiel que les chrétiens, les acteurs pastoraux, dans la Nouvelle Evangélisation, soient attentifs aux conditions de vie et de travail des personnes de milieu ouvrier et populaire, car c'est la condition pour entendre leur aspiration à une vie plus humaine, plus juste et à l'éveil des questions fondamentales sur le sens de la vie.
Dans notre diocèse, cette pastorale envers le milieu ouvrier et populaire est très intégrée à la vie de la paroisse et du diocèse, cela s'exprime particulièrement dans l'accompa-gnement des catéchumènes (enfants, jeunes et adultes), l'école de prière pour les enfants, les semaines de prière accompagnée, les pèlerinages qui rejoignent nos amis antillais, africains et portugais.

+ Michel Santier
Evêque de Créteil

Le synode est ouvert

Célébration d'ouverture du synode diocésain
Dimanche 12 octobre 2014 - au Palais des Sports de Créteil

Homélie de Monseigneur Michel SANTIER

Cette célébration ouvre officiellement le synode du diocèse de Créteil, elle se vit en communion avec le synode des évêques à Rome sur la famille.
Un synode est avant tout une célébration. Le mot signifie « faire route avec, faire route ensemble ». Ce vivre ensemble n'est possible que si nous accueillons le don de l'unité et de la communion. Célébrer un synode, c'est célébrer Jésus-Christ qui est mort pour unir les enfants de Dieu dispersés, c'est accueillir par lui le don la communion. Par lui, dans l'Esprit-Saint, nous sommes reliés au Père, nous sommes tous ses enfants, nous n'avons qu'un Père, nous sommes tous frères et sœurs.

Message de Mgr Santier sur les questions de politique familiale

Créteil, le 2 octobre 2014

Dans la société actuelle et les décisions prises par les responsables politiques au
plan sociétal, au plan familial, la référence unique est l'individu ; chacun est
préoccupé de son bien-être, et ceux qui ne peuvent y accéder sont mis à la marge.
Il devient alors très difficile de faire prévaloir le bien commun, l'intérêt général sur les
intérêts individuels.

Le souffle, l'âme manquent pour se mobiliser sur l'avenir de la société ; des
décisions sont prises et des lois sont promulguées qui, tout en se présentant comme
voulant le bien de tous, ne favorisent que les intérêts d'un petit nombre au risque de
déliter le vivre ensemble, le lien social.

La famille est la cellule de base de la société, le lieu que les jeunes considèrent
comme le plus important pour leur bonheur. Or les projets de lois sur la GPA et la
PMA, ainsi que les dernières dispositions de réduction du congé parental, du congé
de maternité, risquent de déstabiliser encore la famille.

Les chrétiens qui s'engagent sur ce terrain sont des veilleurs qui attirent notre
attention sur la véritable dignité de la personne humaine et de la famille ; elles ne
peuvent pas être soumises à des intérêts qui sont issus de la société ultralibérale.
Que l'Esprit-Saint les soutienne dans cette mission de vigilance et qu'ils soient
assurés de la prière de leur évêque.

+ Michel SANTIER
Evêque de Créteil

RECTIFICATIF AU COMMUNIQUE CONCERNANT LE MESSAGE DE Mgr SANTIER

Dans le communiqué adressé le 2 octobre dernier concernant le message de
Monseigneur Michel Santier, évêque de Créteil au sujet des réformes
sociétales et familiales actuelles, il était écrit : « La famille est la cellule de
base de la société, le lieu que les jeunes considèrent comme le plus
important pour leur bonheur. Or les projets de lois sur la GPA et la PMA, ainsi
que les dernières dispositions de réduction du congé parental, du congé de
maternité, risquent de déstabiliser encore la famille. ».

Monseigneur Santier tient à préciser que ce communiqué a bien été écrit
avant les annonces du premier Ministre, dans le quotidien La Croix faisant
part de son opposition à de tels projets de lois et précisant que la GPA "est et
sera interdite en France ».

Il reconnaît que cette concomitance pouvait prêter à confusion et tient à
présenter ses excuses aux personnes qui auraient pu s'en étonner.

Créteil le 9 octobre 2014