Paroles d’évêque

COLLOQUE ZILEOS 5ème ANNIVERSAIRE - QUEBEC - VICTORIAVILLE - LE 30 SEPTEMBRE 2017

Remise des statuts canoniques à l’Association privée de fidèles Zileos

Que signifie la remise de statuts canoniques à une association privée par un évêque diocésain ?
Dans sa conférence d’hier, Gérard Testard a fait référence à cette distinction dans l’Eglise :
- entre les communautés hiérarchiques que sont, les paroisses, les aumôneries d’hôpitaux, les aumôneries scolaires qui sont confiées qui sont confiées par nomination ou lettre de mission de l’évêque à un prêtre qui a reçu le don de l’Esprit par l’imposition des mains, ou une équipe pastorale avec un modérateur
- entre les associations de fidèles qui désirent mettre leurs dons au service de l’Eglise et, dans le cas, de l’Eglise diocésaine dont les responsables sont des fidèles et parmi eux des fidèles-laïcs qui ont reçu le même Esprit par le baptême et la confirmation.
Le concile Vatican II, dans la Constitution sur l’Eglise (n° 12) dit que l’Eglise se construit par les sacrements et le ministère apostolique, mais aussi à travers les dons et les charismes de l’Esprit qui sont largement distribués parmi les fidèles et qui les rendent aptes et disponibles pour exercer des charges utiles au renouvellement de l’Église selon ce que l’Esprit donne à chacun de le manifester pour le bien commun.
Il revient à l’Eglise, et en son nom aux évêques successeurs des apôtres qui ont reçu le don de l’Esprit par l’imposition des mains, ainsi qu’à leurs collaborateurs de reconnaitre si ces charismes sont au service de tous pour la construction du corps du Christ.
Cette reconnaissance n’est pas seulement un acte administratif mais elle se vit au cours d’une eucharistie en présence de l’assemblée du peuple de Dieu. Comme je l’ai fait pour Zileos le 15 avril 2012 pour l’adoption des statuts ad expérimentum ou les statuts définitifs le 11 décembre 2016, et qui se poursuit aujourd’hui au milieu de vous.
Le fait que ce soit une association privée de fidèles signifie que les fidèles laïcs ont une liberté pour exercer les dons reçus du Seigneur dans l’Esprit Saint pour être au service du corps.
Le responsable est élu par les membres ; l’évêque, pour l’accompagner, peut nommer un accompagnateur spirituel. Les membres peuvent vivre leur charisme au service de l’évangélisation sans que toute l’Eglise, le diocèse et l’évêque soient directement engagés dans les activités de cette association. L’évêque veille à ce que l’enseignement soit en conformité avec celui de l’Eglise et que cette association vive en communion avec la paroisse et le diocèse.
Il existe aussi des associations publiques de fidèles. Là, l’élection se fait en présence de l’évêque et de son délégué et ensuite il le nomme. L’évêque est engagé dans les activités d’évangélisation de l’association et il nomme un délégué, un aumônier pour accompagner pastoralement la communauté, pour qu’en vivant son charisme elle tienne compte des orientations pastorales du diocèse. La communauté peut recevoir une mission car, en Eglise, on ne se donne pas la mission, on la reçoit.
Mais depuis le concile Vatican II, les mouvements et associations ne sont plus mandatés directement par l’Eglise en lien avec l’évêque.
La reconnaissance des statuts par l’évêque reconnait un champ ecclésial dans lequel la communauté peut exercer le charisme ; par exemple, pour Zileos, la présence auprès des jeunes, notamment ceux qui ne connaissent pas le Christ. Mais dans la mesure où les jeunes en chemin sont invités à la foi chrétienne puis catéchisés, cette dimension de la catéchèse et de l’initiation chrétienne fait partie de la mission de l’Eglise. Aussi, l’évêque ou son délégué, comme premier responsable de la catéchèse doit reconnaitre que ce qui est enseigné dans ce module, à la fois dans son contenu et sa pédagogie, est bon pour les jeunes, les fait grandir humainement et spirituellement. Il peut alors proposer que cette démarche soit accueillie favorablement dans l’ensemble du diocèse.
La reconnaissance comme l’envoi en mission ne signifie pas que le charisme reconnu est le tout de la catéchèse, de l’initiation chrétienne des enfants et des jeunes, mais que ce charisme s’inscrit au cœur de l’Eglise diocésaine parmi les autres associations et mouvements du diocèse, en communion avec lui et toutes les communautés hiérarchiques, paroisses et mouvements, comme nous le disions hier au colloque.
L’Esprit Saint est à la source de l’unité et de la diversité.
Zileos est un charisme pour l’annonce de la foi aux jeunes ayant peu ou pas de liens avec l’Église, ses responsables et ses membres sont habités par un véritable amour de l’Eglise et participent à sa vitalité avec humilité et respect des autres charismes. C’est un charisme qui n’est pas le seul mais qui s’inscrit dans la variété des dons et charismes suscités par l’Esprit Saint dans l’Eglise et le monde de ce temps.
Nous fêtons le 5ème anniversaire de la création de Zileos. Nous rendons grâce au Seigneur pour ce don qui ne vient pas de nous mais de lui ; et nous souhaitons que ce charisme continue de se déployer pour le bonheur des jeunes, leur découverte de la foi en Jésus Christ qui est toujours vivant dans son Église par l’Esprit Saint.

+ Mgr Michel Santier
Evêque de Créteil

Message de Monseigneur Michel Santier à l’occasion de la journée mondiale du pauvre

Mes chers diocésains

Ce week-end, à la demande du pape François, dans tous les diocèses du monde entier, nous célèbrerons la première journée mondiale des pauvres.
Cette journée, coïncide pour notre pays avec la journée du Secours catholique où les chrétiens sont appelés à soutenir financièrement toutes les actions de ce service en faveur des plus démunis.

Le pape nous réveille et nous pousse à aller plus loin, à ne pas nous laisser accaparer par nous-mêmes, par des choses peu importantes. Il nous invite à écouter la parole des plus pauvres. Et nous savons bien, que leur rencontre, leur écoute, nous conduisent toujours au cœur même de l’Evangile.

Depuis le début du mois de novembre et jusqu’en février, je procède à la visite pastorale des quartiers populaires où beaucoup vivent dans une grande précarité. A chacune de mes rencontres je découvre des actions magnifiques de solidarité.

Cette semaine, j’ai été accueilli par la communauté des gens du voyage sur leur terrain, au sein même de leurs caravanes. J’y ai découvert un peuple de croyants à la foi, simple et sincère.

Il nous faut changer le regard que nous portons sur les plus pauvres, les plus démunis, et tous ceux qui vivent dans une situation de précarité absolue. Je pense particulièrement à la population des Roms alors même que ces dernières semaines, nous avons assisté, impuissants au démantèlement de nombreux bidonvilles sur le Val-de-Marne. A chaque fois ce sont des familles qui doivent abandonner et laisser détruire le peu qu’elles possèdent, à chaque fois ce sont des dizaines d’enfants privés de scolarité, à chaque fois ce sont des bénévoles découragés dans leur travail d’accompagnement.

Comme le rappelle Mgr Georges Pontier, président de la CEF, Les Roms font partie de ces pauvres dont nous parle le pape François. Ils sont chez nous, s’insèrent souvent difficilement, marqués par des ruptures culturelles profondes qui rejaillissent parfois sur leur vie de famille. Ils sont nos frères. Notre fraternité doit les réconforter.

Mes chers diocésains, le service de la charité n’est pas une option facultative !
Pour un catholique, cela fait partie intégrante de la foi.
Je vous assure de ma prière.

+ Michel Santier
Votre évêque

TOUS SAINTS !

Le 1er novembre, nous célèbrerons une fête joyeuse ; la fête de la Toussaint, la fête de tous les saints.

La sainteté voilà ce, à quoi le peuple des baptisés, au nom même de son baptême, est appelé !

La vocation à la sainteté n’est pas une vocation à l’extraordinaire. C’est au contraire tout simple : il suffit de se laisser aimer par Dieu et d’oser à la suite de Jésus, prendre soin des petits, des malades, de tous ceux qui souffrent dans leur corps et dans leur cœur. Car la compassion est bien l’ADN de la sainteté, cette grâce que nous avons reçue, le jour de notre baptême et qu’il nous faut nourrir et faire croître en mettant la Parole de Dieu, au cœur de nos vies.

Si nous sommes tous appelés à la sainteté, certains nous ont précédés.
Tous les saints et saintes du calendrier, que nous connaissons et que nous célébrons, bien-sûr. Mais aussi, toute la foule anonyme des Bienheureux, qui dans nos familles ont tracé leur chemin, sans faire de bruit, mais avec la certitude que Dieu les aimait. Une certitude qui rend heureux et qui permet de vivre dans l’Espérance, quels que soient les aléas de la vie. Tel un ruban de foi se déroulant à travers les siècles, toutes ces personnes nous rappellent que nous venons toujours de quelque part, que nous sommes redevables de tous ceux qui nous ont précédés et qui sans doute continuent à veiller.

L’identité de notre diocèse s’appuie sur cette longue tradition chrétienne éparse sur tout son territoire. Mélange d’Histoire et de piété populaire, elle donne des racines au genre humain qui veut se reconnaître « peuple de Dieu ». Sur notre terre val-de-marnaise, la figure de proue est désormais bien connue : Agoard et Aglibert, deux martyrs, sans doute d’origine germanique. Ils auraient résidé à Créteil, où ils furent massacrés vers l'an 400. Leurs reliques sont actuellement vénérées dans la crypte de l’église Saint-Christophe à Créteil, et quelques-unes ont été placées dans l’autel de la cathédrale déployée. Agoard et Aglibert sont les saints les plus anciens du diocèse, mais ils ne sont pas les seuls. Que l’on songe à tous ces saints et saintes qui ont donné leur nom à nos villes et à nos paroisses.

Autre figure de proue pour laquelle les conclusions du procès en béatification sont attendues, Madeleine Delbrêl. De 1933 à 1964. Proche des gens simples de son quartier, elle témoignera par sa vie, l’actualité de l’Evangile.
Je serai à Rome au mois de novembre pour présenter avec le père Gilles François aux cardinaux, les éléments de la Positio.

Dans notre histoire humaine, Dieu est toujours à l’œuvre.
Comme aux premiers jours, aux premiers siècles, l’Esprit saint souffle encore et toujours et permet à des hommes, des femmes de se lever et de rendre témoignage, dans l’épaisseur de leur vie humaine, à la Lumière. Alors, en ce jour de Toussaint, demandons tous au Seigneur, par l’intercession de tous ces saints, de faire grandir en nous l’esprit de sainteté, partout dans le diocèse.

+ Michel Santier
Evêque de Créteil

Rencontre Sant’Egidio à Münster 11 septembre 2017

Évêque de Créteil, dans un diocèse, un département de 1 400 000 habitants où se côtoient 90 nationalités, des chrétiens de toute confession, protestants, orthodoxes, coptes, arméniens et catholiques, des croyants de différentes religions : juifs, musulmans, bouddhistes, chrétiens et aussi des non croyants qui se disent athés ou agnostiques, et tous ceux qui sont indifférents au religieux, vous comprenez tout de suite que vivre ensemble représente un vrai défi mais qui peut aussi s’avérer être une chance, une grande richesse.

1 – Le premier défi est de sortir de soit, de sa communauté d’appartenance culturelle et religieuse pour aller à la rencontre de l’autre, de ceux qui sont différents de moi par la langue, la culture, la couleur, la religion. Sans la rencontre, nous risquons de nous enfermer dans la peur et dans des préjugés sur nos frères et sœurs en humanité.

À Créteil, depuis cinq ans, pendant l’été nous vivons une opération qui s’intitule « Août Secours Alimentaire », car nous nous sommes aperçus que beaucoup de personnes ne partaient pas à la mer pour les vacances car ils n’en avaient pas les moyens, les ressources financières. La première année, les bénévoles qui, avant de distribuer les repas, vivaient un partage d’Évangile, ont distribué 30 000 repas (cette année en deux centres, plus de 100 000).

Parmi les bénéficiaires se trouvaient de nombreux musulmans venant d’Afrique ou des pays du Maghreb mais aussi des familles chrétiennes. Nous sommes alors allés à la rencontre de l’imam à la mosquée et nous lui avons proposé de nous mettre ensemble pour distribuer les repas aux plus démunis puisque parmi eux, se trouvaient des familles musulmanes.