DIVERSITE DES CHRISTIANISMES ET DES EGLISES EN VAL-DE-MARNE

L’Eglise copte

L'Eglise Copte Orthodoxe, l'Eglise d'Égypte, est l'une des plus anciennes Eglises au monde. Son émergence comme Eglise distincte d’autres Eglises est liée à la non réception, par quelques Eglises d’Orient, des formulations christologiques du concile de Chalcédoine au Vème siècle.

Elle est une Eglise apostolique qui reconnaît 7 sacrements comme l'Eglise Catholique et qui attache de l’importance à l'intercession des Saints, dont elle vénère les reliques. La Sainte Vierge Marie y a une place particulière... ainsi que toute la Sainte Famille dont on aime à rappeler le séjour en Egypte. L’Eglise copte revendique une fondation par Saint Marc l'évangéliste, qui évangélisa l'Egypte au milieu du premier siècle avant de subir le martyr à Alexandrie en l'an 68. Berceau du monachisme, l’Egypte chrétienne honore le grand Saint Antoine le père des moines du monde entier, Saint Pacôme, Saint Cyrille d'Alexandrie, Saint Athanase et tous les pères du désert. Connaissant un nouvel essor avec le Renouveau copte depuis les années 1970, le monachisme égyptien est très vivant et très en prise avec la population du pays. Cette influence explique en partie les très nombreux jours de jeûne qui jalonnent son calendrier liturgique.

Après de premières ouvertures œcuméniques à l’égard des catholiques, notamment avec l’évêque Anba Samuel, assassiné en 1981 avec le président Sadate, les relations avec les catholiques ont repris grâce au nouveau patriarche depuis 2012, le Pape de l'église Copte orthodoxe, Tawadros II, qui entretient de bonnes relations avec le patriarche copte-catholique, Sa Béatitude Ibrahim Sidrak. Quarante ans après son prédécesseur, Shenouda III, Tawadros II a rendu visite au Pape de Rome, François, le 10 mai 2013.

Monseigneur Marc, évêque général de l'église Copte orthodoxe de Paris et du nord de la France a également rendu visite au Cardinal André Vingt-Trois archevêque de Paris à Noël 2015 ainsi qu'à Monseigneur Michel Santier évêque de Créteil en mars 2016. Il se joindra à notre prière œcuménique en Val-de-Marne, le dimanche 22 janvier 2017 dans l’église St Denys d’Arcueil.

Chez nous dans le 94, nos frères coptes orthodoxes sont implantés à Villejuif (église de l'archange Michel et Saint Georges, 138 boulevard Maxime Gorki), à Nogent-sur-Marne (église Sainte Marie Mère de Dieu, 1 avenue Charles V) et à Créteil (église Saint Bichoy, 102 rue Chéret).

 

L’Eglise orthodoxe

L’Eglise Orthodoxe se revendique des 7 premiers conciles œcuméniques.
Répartie en Patriarcats, Eglises « Autocéphales » et Autonomes, l’Orthodoxie réalise la communion de 14 Eglises. Ces Eglises orthodoxes sont en intercommunion, elles partagent une compréhension, un enseignement et des offices qui avaient cours, à l’origine, dans l’Empire Romain d’Orient. Elles ont le même credo, les mêmes sacrements, les mêmes rites, en langues différentes. Parmi les éléments qui les caractérisent :

  • L’autonomie de chaque Eglise particulière
  • La liturgie et les sacrements sont au cœur de la vie ecclésiale, l’Orthodoxie considérant que « l’homme est un être liturgique qui s’accomplit lorsqu’il célèbre ».
  • La base liturgique est assez proche de celle des catholiques, cependant les Églises orthodoxes utilisent généralement le terme Divine Liturgie pour désigner leur culte eucharistique.
  • L’orthodoxie donne une grande importance au culte des saints et aux Icônes qui représentent « une fenêtre sur le Royaume de Dieu ».

En Val-de-Marne, la grande majorité des fidèles de l’orthodoxie est issue de la diaspora mais elle comprend aussi des français de souche et si la langue utilisée dans la liturgie est souvent celle du pays originaire, le français a aussi sa place.

Notre département compte six paroisses orthodoxes dont cinq sont rattachées au Patriarcat de Roumanie : Cachan, Champigny, Joinville, Sucy et Villeneuve St Georges. Dans cette dernière commune il existe aussi une paroisse rattachée au Patriarcat de Géorgie.

La plupart de leurs lieux de culte sont des églises mises à leur disposition par notre diocèse, ce qui, avec les liens fraternels entretenus avec certains de leurs ministres, témoigne de la vitalité de la dynamique œcuménique avec nos frères Orthodoxes en Val de Marne.

 

L’Eglise Protestante Unie de France

Créée en 2013, l’Eglise Protestante Unie de France (EPUdF) est l’union de l’Eglise Réformée de France et de l’Eglise Evangélique Luthérienne de France. Ces deux Eglises sont nées au XVIème siècle dans le mouvement de la Réforme. Elles sont membres fondateurs de la Fédération Protestante de France (en 1905).

L’EPUdF confesse le Dieu Trinitaire, Père, Fils et Saint-Esprit, sur la base des seules Ecritures. Elle fait sienne les Confessions de Foi de l’Eglise primitive.
Comme toutes les Eglises Protestantes, l’EPUdF affirme les quatre grands principes suivants :

  • La Foi seule : l’essentiel c’est la Foi
  • La Grâce seule : la grâce est l’amour gratuit de Dieu pour l’humanité. C’est par la grâce seule que l’Homme obtient le Salut en Jésus-Christ.
  • L’Ecriture seule : l’Ecriture, c’est-à-dire la Bible, est la référence en matière théologique, éthique et institutionnelle.
  • Le Christ seul : le Christ est le seul intermédiaire entre Dieu et les hommes

L’EPUdF compte 10 paroisses dans le Val de Marne : Boissy-Saint-Léger, Champigny-sur-Marne, Charenton-le-Pont, Choisy-le-Roi, Créteil, Le Kremlin-Bicêtre, Le Perreux-sur-Marne, Saint-Maur des Fossés, Vincennes et Villeneuve-Saint-Georges.

Indépendamment des cultes et de la catéchèse des enfants (Ecole du dimanche) les paroisses organisent des réunions de prière, groupes de louange, groupes de maisons (lieux de fraternité associant enseignement de la Bible et prière) des temps conviviaux et autres activités de portée sociale.

L’EPUdF est une Eglise résolument engagée dans l’œcuménisme. Dans le Val-de-Marne cela se traduit par sa participation fidèle à toutes les manifestations en faveur de l’unité des chrétiens.

 

Les Eglises évangéliques

La plupart des Eglises Evangéliques de notre département appartiennent au Conseil National des Evangéliques de France (CNEF), organisme officiel qui entretient des relations fructueuses avec les autres Confessions Chrétiennes présentes dans notre pays.


Issues de la Réforme, comme l’EPUdF, la plupart font aussi partie de la Fédération Protestante de France (FPF). En tant que Protestantes, les Eglises Evangéliques, donnent la première place à la Bible. Elles ne reconnaissent qu’une seule autorité, Dieu, révélé par Jésus-Christ dans la Bible. En tant qu’Evangéliques, leur foi repose sur l’évangile, c’est-à-dire sur le message et la personne de Jésus-Christ.
Ce qui fait le chrétien évangélique :

  • La nouvelle naissance ou conversion : à un moment de son existence, la reconnaissance du besoin de Dieu et du pardon, rendu possible par le sacrifice de Jésus sur la croix, a transformé l’existence du futur membre de cette Eglise et a donné un sens à sa vie.
  • Le baptême du croyant le fait entrer dans une Eglise de professants : convertis (adultes ou adolescents capables de maturité spirituelle), baptisés par immersion sur confession personnelle et publique de leur foi.

En Val de Marne il existe environ 45 Eglises Evangéliques* affiliées au CNEF et/ou à la FPF. Le nombre de pratiquants qu’elles rassemblent est variable : de 1 à 2 dizaines dans certaines communautés, il peut monter, par exemple, jusqu’à 800 personnes accueillies chaque dimanche dans l’Eglise Martin Luther King de Créteil.

Attirant de nombreux jeunes, avec un grand sens de l’accueil, un goût certain pour le témoignage et la louange, ces Eglises et leurs associations animent de multiples activités autour de l’enseignement biblique, ainsi que d’ordre caritatif ou culturel. Là aussi dans certaines Eglises des groupes de maison se réunissent une fois par mois dans tout le Val-de-Marne afin de favoriser l’entraide et la communion dans les lieux de vie respectifs des uns et des autres.

Parmi ces Eglises Evangéliques certaines ont rejoint la dynamique œcuménique dans notre département, notamment depuis leur participation, en 2013, à ce temps fort pour l’unité des chrétiens qu’a constitué l’exposition « La Bible, patrimoine de l’humanité », organisée conjointement avec la communauté juive de Créteil.

*Leur liste peut être consultée sur http://www.eglises.org/France/94/
La présence des diverses confessions chrétiennes en Val de Marne

 
Une palette qui témoigne de la richesse de leur diversité

 Les chrétiens d’Orient

Parler des christianismes au pluriel peut sembler provocateur. Mais l’actualité nous a sensibilisés à la situation tragique que vivent ceux qu’on nomme « les chrétiens d’Orient ». La découverte croissante de la richesse de l’histoire et du patrimoine de nos frères chrétiens orientaux nous empêche désormais de limiter le christianisme à son expression occidentale.
Parmi les Eglises chrétiennes d’Orient, dont plusieurs sont présentes chez nous, on distingue des Eglises dites « catholiques orientales » et d’autres dites « orthodoxes orientales ».

Les Eglises catholiques orientales, malgré toute leur diversité, ont pour points communs d’une part d’être de tradition orientale (avec des rites liturgiques très divers : maronite, byzantin ou grec, syriaque, arménien, copte, guèze), d’autre part d’être en communion avec l’Eglise de Rome. On dit qu’elles sont unies à Rome (d’où le terme, longtemps utilisé à leur sujet, d’Eglises « uniates »).
Les plus connues sont l’Eglise chaldéenne ou « Eglise d’Orient » (à Saint-Maur, le Collectif d’Accueil des Réfugiés et d’Aide aux Chrétiens d’Orient accompagne 3 familles chaldéennes originaires de Sharafya, près de Mossoul au Nord de l’Irak), l’Eglise maronite au Liban dont une communauté célèbre chaque dimanche à Alfortville, l’Eglise grecque melkite (principale Eglise de Syrie).
A Paris, la liturgie grecque-catholique (on dit aussi melkite) célébrée dans l’église St Julien-le-Pauvre brouille nos repères de catholiques occidentaux, les Melkites aimant à dire d’eux-mêmes qu’ils sont « arabes mais non musulmans, orientaux mais non orthodoxes, catholiques mais non latins ! »

Avec les Eglises orthodoxes orientales les choses se compliquent encore, dans la mesure où l’expression française « Eglises orthodoxes orientales » désigne en fait deux réalités bien distinctes.

  • soit elles se sont séparées du courant doctrinal majoritaire (celui que représentent aujourd’hui le catholicisme et les Églises de tradition byzantine) lors du Concile de Chalcédoine en 451 : en anglais, on parle des « Oriental Orthodox Churches ». De ces Églises très anciennes, deux au moins sont présentes sur notre département : l’Église copte orthodoxe (à Villejuif, Nogent et Créteil) et l’Église arménienne apostolique (à Alfortville).
  • Soit ces Églises, plus anciennes, se rattachent à l’orthodoxie byzantine, séparée de Rome depuis le grand schisme de 1054, dû à des raisons historiques plus que proprement doctrinale (on parle en anglais « Eastern Orthodox Churches »). Ce sont toutes les Églises autocéphales de la Communion orthodoxe. Sur notre diocèse se rassemblent ainsi, à Sucy et à Champigny, des chrétiens orthodoxes rattachés au patriarcat de Roumanie.