Le synode est ouvert

Célébration d'ouverture du synode diocésain
Dimanche 12 octobre 2014 - au Palais des Sports de Créteil

Homélie de Monseigneur Michel SANTIER

Cette célébration ouvre officiellement le synode du diocèse de Créteil, elle se vit en communion avec le synode des évêques à Rome sur la famille.
Un synode est avant tout une célébration. Le mot signifie « faire route avec, faire route ensemble ». Ce vivre ensemble n'est possible que si nous accueillons le don de l'unité et de la communion. Célébrer un synode, c'est célébrer Jésus-Christ qui est mort pour unir les enfants de Dieu dispersés, c'est accueillir par lui le don la communion. Par lui, dans l'Esprit-Saint, nous sommes reliés au Père, nous sommes tous ses enfants, nous n'avons qu'un Père, nous sommes tous frères et sœurs.

Cette invitation à la fête et aux noces de l'alliance, Dieu ne cesse de l'adresser non seulement à nous, mais à travers nous à toute l'humanité :
« Ce jour-là, le Seigneur Dieu de l'univers préparera pour tous les peuples sur la montagne un festin. »
Cette annonce du prophète Isaïe se réalise déjà sous nos yeux, vous avez répondu nombreux à mon invitation et à celle de vos prêtres ; vous êtes un seul peuple mais issus de plusieurs peuples, chacun avec sa culture, sa manière de vivre et de célébrer la foi.
Vous formez une symphonie de vocations : au mariage, au sacerdoce – évêques, prêtres - les diacres, les personnes consacrées, laïcs engagés dans la société comme dans l'Eglise.
Cette célébration fait apparaître au sein de notre Eglise diocésaine cette diversité et cette complémentarité des vocations.
La symphonie a été embellie par le chant des enfants et des jeunes qui vous ont accueillis dans cette cathédrale d'un jour, en attendant la nouvelle cathédrale dont vous avez déjà pu apercevoir le déploiement.
Qui parmi vous ne connaît pas le thème du synode ? Sinon vous serez questionnés par les jeunes à la sortie !
« Avec Lui, prendre soin les uns des autres et partager à tous la joie de l'Evangile. »
Avec Lui, et non pas comme Lui.
Jésus n'est pas seulement un personnage historique du passé, il est vivant, il est là au milieu de nous, il nous a invités et nous avons répondu à son invitation, même si comme d'autres nous aurions pu avoir des excuses.
Avec Lui, prendre soin les uns des autres. Prendre soin, mot magnifique de l'Evangile !

Dans la parabole du Bon Samaritain, celui-ci prend soin de l'homme tombé aux mains des brigands. Ce Bon Samaritain, selon les Pères de l'Eglise, est Jésus lui-même, qui est passé parmi nous en faisant le bien, en guérissant les malades, en allant au-devant des pécheurs, annonçant la Bonne Nouvelle aux pauvres, en offrant sa vie sur la Croix par amour pour tous les hommes.
C'est lui qui nous appelle à prendre soin les uns des autres au sein de nos communautés humaines : la famille, l'école, l'entreprise, le bureau, les quartiers, les cités, au sein de nos secteurs pastoraux, de nos paroisses, de nos mouvements d'enfants, de jeunes ou d'adultes, dans nos établissements, dans nos aumôneries ou nos services, nous sommes une famille, appelée à vivre la vie fraternelle :
« C'est à l'amour que vous aurez les uns pour les autres qu'on vous reconnaîtra pour mes disciples. »
Cette fraternité n'est pas faite pour nous replier sur nous-mêmes, sur nos structures, mais pour s'élargir. Par le synode, nous sommes invités à changer l'espace de notre tente, à sortir pour aller vers les périphéries existentielles, comme le rappelle le Pape François.

Le synode commencera par les équipes synodales. Sans équipes synodales, pas de synode. Il s'agit de former des équipes de 6 à 10 personnes, pour partager sur le thème du synode à partir de la Parole de Dieu. Il ne s'agit pas de discuter et de débattre sur un thème, mais d'écouter, de partager ce que chacun vit au plus profond de lui-même, ses joies, ses souffrances, sa recherche sur le sens de la vie, sa soif d'aimer, d'être aimé, ce qui l'empêche de vivre, d'espérer.

Il ne s'agit pas de débattre sur des réformes, de nouvelles structures, mais de vivre une expérience spirituelle, de partager notre soif, notre expérience de Dieu, notre rencontre avec Jésus-Christ. Nous pouvons partager sur le synode dans nos équipes habituelles, mais il est important de sortir, comme les serviteurs du Roi dans la parabole, et d'aller à la rencontre de nos voisins de palier, de quartier, nos collègues de travail ou d'études, et de leur proposer de faire partie d'une équipe synodale.

J'attends aussi que les jeunes prennent la parole et se fassent entendre et créent des équipes synodales soit entre eux, soit intergénérationnelles.
« Allez aux croisées des chemins, tous ceux que vous rencontrerez, invitez-les au repas de noces. »

Vous rencontrerez des refus, des personnes seront occupées non pas à leur champ, mais à leur business, et sur leurs ordinateurs, leurs I-phone... Peu importe ! Ne nous lassons pas d'inviter, comme le Seigneur, ne restons pas entre nous, invitons des non-croyants, des mal-croyants, des chercheurs de Dieu, des croyants des autres religions.

Parmi nous aujourd'hui se trouvent des frères protestants, orthodoxes, coptes, mais aussi des musulmans, je les remercie pour leur présence fraternelle, en ces temps si agités. Nos frères juifs, invités également, fêtent Souk kot, la fête des Tentes, mais nous ont transmis un message d'amitié. Les inviter à partager avec vous n'est pas de l'ordre du prosélytisme, mais « prendre soin les uns des autres » ne s'arrête pas aux seules membres de notre communauté. La parabole du Bon Samaritain universalise la notion du prochain, nous n'avons pas à nous poser la question « qui est mon prochain » en choisissant certains, en excluant les autres, tout homme croisé sur la route est mon prochain.

C'est dans la mesure où nous écoutons la voix des plus faibles, des plus démunis, que ce synode apportera à notre Eglise diocésaine un souffle nouveau ! Un nouvel élan !
Prendre soin les uns des autres nous conduit à vivre en partenariat avec les élus, qui ont le souci du bien commun et du vivre ensemble, et que je remercie d'être là parmi nous.
Ce que vous partagerez dans les mille ou deux mille équipes synodales sera collecté par l'équipe d'animation du synode et transmis à votre évêque, et sera remis aux membres de l'Assemblée synodale dont vous élirez les membres. Les membres élus et de droit, en se mettant à l'écoute les uns des autres, discerneront les orientations missionnaires pour les années à venir, car le but du synode, en prenant soin les uns des autres, c'est de partager à tous la joie de l'Evangile. L'organisation pastorale sera dessinée ensuite à partir de ces orientations missionnaires.

Il s'agir d'entrer dans cette dynamique, dans ce mouvement joyeux, car comme le dit le Pape François, « l'évangélisateur ne devrait pas constamment avoir une tête d'enterrement, mais être un terrain dont la vie rayonne de ferveur, un évangélisateur qui a reçu le premier en lui la joie du Christ. »

Des initiatives, des concerts, des chants de fête, des chorales comme celle pour le Gloria vont naître, ou des marches, des randonnées, des pèlerinages, pour relayer cette dynamique de joie et les échanges sur le thème du synode. Et j'attends que les jeunes soient les premiers chanteurs pour que nous fassions retentir dans le Val-de-Marne et dans notre Eglise cet hymne à la JOIE.

+ Mgr Michel SANTIER
Evêque de Créteil