Décès du Père Denis Sonet

pere-denis-sonet-cler-diocese-creteilLe Père Denis Sonet a occupé une place particulière au sein du CLER. Prêtre du Diocèse de Troyes et conseiller conjugal et familial, il a été nommé aumônier de l'association à partir de 1969 et a occupé cette fonction pendant plusieurs années.
C'est lui qui a initié au sein du CLER le développement de l'éducation affective, relationnelle et sexuelle (EARS) auprès des jeunes, les sessions CLER jeunes « oser être soi », les équipes 3 ans, les week-ends « Vivre en couple » et « Aimer mieux ». Il a accompagné de très nombreux couples en conseil conjugal.
Il a mis tout son talent, son dynamisme, sa créativité et sa foi au service des jeunes et des couples. Il a contribué à dessiner les contours de ce que le CLER est aujourd'hui.

« Le Père Sonet est parti dans son sommeil. Ce fut pour moi une grande tristesse de savoir que cet homme, figure emblématique de l'aide aux couples et aux familles, ne serait plus là, pour le CLER et pour toutes les personnes questionnées par l'amour et la famille. Savoir qu'il était présent était un soutien. Comme un phare, il a éclairé un nombre considérable de couples pendant 40 ans et éveillé ma vocation. Aujourd'hui, il nous laisse ses livres, ses conférences filmées en DVD, mais aussi ses homélies.

Le Père Sonet, fameux pour ses conférences, l'était peut-être moins pour sa vie de foi. Il était prêtre, bien sûr, mais l'écouter parler de Jésus fut pour moi une révélation. Il vibrait de son amour de Dieu et savait le transmettre, avec des mots simples emplis de l'amour et de la joie de sa relation à Dieu.

A 89 ans, et avec « la joie d'avoir été l'instrument de l'Esprit pour sauver les couples en difficulté », il est parti aux Noces Eternelles. Je me réjouis pour lui. »

Emmanuelle Mulliez, membre de l'équipe CLER du Val de Marne, conseillère conjugale et familiale

Le Père Denis Sonet a édifié et fait rire par ses phrases pleines de bon sens et d'humour. Voici quelques-unes de ses réflexions (à méditer) :

"On en a marre des cathos mignons. Il y en a trop. Ras le bol. Qu'est-ce que vous voulez qu'on foute avec ça ? On a besoin de battants, de gens qui prennent des responsabilités, qui entrent dans les médias, qui entrent en politique. On se plaint qu'elle est corrompue. Eh ! bien, allez- y, bon soir. Vous les jeunes, les filles notamment. Pour la parité, dans les années qui viennent, il va falloir combler les places de députés. Bougez-vous, celles qui sont compétentes. Foncez, n'ayez pas peur. Soyez des signes de l'amour authentique, désintéressé."

"Vous les filles soignez votre look. C'est un prêtre qui vous le dit. Mesdemoiselles, soyez belles, que voulez-vous ! Il faut relooker tout ça. Ne prenez pas des modes qui ne vont pas avec votre structure. Quand je revenais de l'île Maurice et que j'avais vu ces filles en sari, que je rentrais en France avec ces autres filles en jeans qui, paraît-il, sont beaux quand ils sont troués, je me disais : « Comment on peut aimer ces trucs-là ? » Soignez votre look. Une fille doit être coquette, belle et spirituelle. Il faut les deux. Entre nous, seules les spirituelles sont vraiment charnelles, parce qu'elles font chanter le charnel à une dimension que ne peuvent atteindre les autres."

"Vous, les gars, vous devez être forts, et doux. Forts, d'abord forts. Pas mièvres. Je vous ai dit: pas une mauviette, pas une crevette. Mais un homme. La douceur des forts ! Vous savez, les faibles sont violents. Tandis que les doux peuvent être forts.""Vous êtes des PPP : des Pauvres Pécheurs Pardonnés. Souvent on dit des chrétiens : ils se sentent coupables. Eh bien, c'est de votre faute ! Parce que vous n'avez pas compris que Dieu vous pardonne avant que vous n'entriez au confessionnal ! Quand vous y allez, vous traînez les pieds, et après quand vous en sortez, vous dansez."

"Vous êtes des PPP : des Pauvres Pécheurs Pardonnés. Souvent on dit des chrétiens : ils se sentent coupables. Eh bien, c'est de votre faute ! Parce que vous n'avez pas compris que Dieu vous pardonne avant que vous n'entriez au confessionnal ! Quand vous y allez, vous traînez les pieds, et après quand vous en sortez, vous dansez."

"Si vous voulez comprendre Dieu, si vous voulez comprendre l'eucharistie que vous avez célébrée, il faut comprendre le couple. Quand je ne comprends rien moi à mon catéchisme ou à la théologie que j'ai apprise au séminaire, je regarde le couple, je comprends tout. Par exemple, l'eucharistie : qu'est-ce qui dans la vie de couple fait comprendre l'eucharistie ? La table de famille. Si je suis en colère, je mange tout seul. On ne peut pas aller communier si on en veut à quelqu'un."

"Pour s'épanouir il y a trois dimensions essentielles : il faut d'abord s'aimer soi-même. Regardez : je ne suis pas mal du tout. Je n'ai jamais été beau. Mais je suis bien. Je m'aime beaucoup. S'aimer trop est un péché. Mais ne pas s'aimer en est un aussi, dont on doit s'accuser en confession. La vertu se situe souvent entre le trop et le trop peu. Deuxièmement, il faut aimer les autres, être capable de sortir de soi pour aller vers les autres de manière désintéressée. Enfin, chez l'homme il y a une troisième dimension qui s'appelle le dépassement de soi."

"Nous sommes fondamentalement relationnels et, petit bébé, nous avons vécu d'abord grâce à la relation de nos parents, figurez-vous. Personne n'est venu au monde tout seul que je sache. Vous savez que vous venez d'une relation d'amour j'espère. Le bébé lui, il ne se développe que par la relation. Vous savez le bon Dieu, Il fait bien les choses. Vous avez vu où il a mis les seins, le bon Dieu ? Il ne les a pas mis dans le dos ! Il les a mis là. Pourquoi là ? Parce que l'enfant, quand il tête, il est en relation avec maman ! Ce qui compte pour le bébé, ce n'est pas le lait de maman - quoique c'est le meilleur du monde ! - mais ce qui compte c'est le regard, c'est cette relation!"

"Au bout de cinquante ans, il peut y avoir une petite crevasse dans la montée de l'amour. À ce moment-là, on rêve peut-être, on regarde vers le téléphérique, on pense qu'avec un autre, avec une autre, ça serait merveilleux. Il faut reconnaître que la voisine vue de dos et de loin, elle est bien. Vous savez ce qu'ils disent, les gens : « La femme des autres, elle a toujours une jolie robe. Il paraît même qu'elle n'est pas dépensière ». Je leur réponds : « Ta femme à toi, c'est la femme des autres. Donc la femme des autres, tu l'as chez toi ». C'est imparable, ça."

"Chaque couple est unique au monde. Je vois des veufs qui se remarient, je leur dis : « Surtout, oubliez votre premier couple. Ne demandez pas à votre conjoint de faire comme l'autre conjoint, de vivre comme le premier, de vivre de la même façon. Et à ceux qui sont fiancés et qui ont eu des expériences avant, je vous en supplie, ça ne sert à rien, oubliez-les surtout, parce que vous allez demander à votre conjoint de réagir comme telle personne, or l'autre, il est différent. Et c'est à chaque couple de retrouver un autre équilibre, d'autres types de joie. Chaque couple est unique au monde."

"Devenez ce que vous êtes. C'est pour cela qu'il ne faut pas avoir l'obsession de se marier à tout prix. Le mariage n'est pas absolument nécessaire. Certains ou certaines cherchent par tous les moyens le kamikaze qui voudra bien partager leur vie. Mais attendez ! L'objectif est d'être heureux, mariés ou pas. Devenez donc ce que vous êtes. L'être humain a une vie tellement courte qu'il n'est pas capable de donner le centième de ses possibilités. Souvent vous dites : « Ah ! Plus tard ! Je ferai du sport, je ferai du yoga, je ferai ceci, je ferai cela ». Vous ne ferez rien du tout ! Tous ceux qui disent « Quand je serai à la retraite, je ferai... » Ils ne font rien du tout. Ce n'est pas vrai. Et puis, on meurt sans avoir accompli, sans avoir laissé se réaliser les désirs qui sommeillaient en nous, ces désirs que l'on n'a même pas pris la peine d'entendre. Alors, devenez ce que vous êtes."

"Je ne sais pas si mon grand père ou ma grand-mère connaissait l'harmonie sexuelle, mais ce que je sais bien, c'est que d'abord on ne pouvait pas le savoir, et que deuxièmement si par hasard ça ne marchait pas, ça ne mettait pas en question le couple. Aujourd'hui, ça met en question le couple. Et moi je vous dis, à tous les braves cathos qui êtes ici, c'est un devoir pour un catho, le jour où il forme un couple de veiller à réussir une belle sexualité. C'est clair ? C'est un prêtre qui vous le dit."