Colloque théologique international Madeleine Delbrêl

Les Ivryens le savent : de nombreux étrangers viennent en pèlerinage sur ses pas. Ses écrits sont traduits en de nombreuses langues et, si elle est très connue en Italie et en Allemagne, son message évangélique se diffuse beaucoup plus loin.

Le colloque théologique organisé par les « Amis de Madeleine Delbrêl » les 17 et 18 octobre à l'ICP à Paris l'a manifesté avec éclat. Devant une assistance de plus de 400 personnes, 22 intervenants de 7 pays (Allemagne, Canada, Chine, Espagne, France, Italie et Liban), des théologiens confirmés et de jeunes doctorants ont témoigné de son rayonnement et de sa réputation de sainteté. À Rome, son procès en béatification s'accélère avec le feu vert donné à l'impression de la « positio » et sa prochaine communication aux cardinaux et théologiens.

Pourquoi un tel colloque ?

Placé sous le haut patronage du Conseil Pontifical pour la Culture – dont le Président, le cardinal Ravasi, est un lecteur enthousiaste de Madeleine Delbrêl - et présidé par Mgr Claude Dagens de l'Académie Française – qui a préfacé la réédition récente de Ville marxiste, terre de mission -, ce colloque avait d'abord pour objectif de faire un bilan. Que sait-on aujourd'hui de Madeleine Delbrêl après vingt années de recherches menées, pour l'édition des Œuvres complètes, par un trio composé des Pères Bernard Pitaud et Gilles François, avec Cécile Moncontié, responsable des Archives ?

« Ce bilan, a déclaré le Père Gilles François en ouverture, me donne l'impression d'avancer en eau profonde dans le mystère de la vie d'amour de Madeleine ». À la lumière de ses découvertes de l'œuvre, il a souligné les limites des premiers recueils publiés peu après la mort de Madeleine et a incité l'auditoire à une fréquentation plus vaste et plus fidèle de Madeleine, proposant « une immersion authentique dans ses écrits sur la joie et la souffrance ; la portée apostolique de cette souffrance ; la force apostolique de l'eucharistie pour les disciples nourris de la Parole ; le sens de l'altérité hommes-femmes ; la radicalité d'un chemin évangélique ; la dépossession d'une vie selon la volonté de Dieu... »

Première grande rencontre internationale

Un autre objectif était de susciter une première grande rencontre internationale de théologiens travaillant sur Madeleine Delbrêl pour une confrontation des résultats de leurs recherches. Rassembler un panel de 22 intervenants de 7 pays (Allemagne, Canada, Chine, Espagne, France, Italie et Liban) était un défi qui a été récompensé par la participation au colloque d'un public très nombreux : on estime que plus de 400 personnes y sont venues dont une cinquantaine d'étrangers (le groupe des Italiens était le plus nombreux et a eu droit à un interprétariat simultané). Cet auditoire recueilli avait sous les yeux un grand poster du beau visage de Madeleine avec cette citation emblématique de « Missionnaires sans bateaux » : « Qui reçoit le poids de Dieu dans son cœur y reçoit le poids du monde. » Une incitation à l'indivisible amour de Dieu et de l'homme qui tenaillait Madeleine.

Les « Actes » du colloque, qui seront publiés prochainement, rendront accessibles à tous le contenu très riche des communications et débats des deux journées qui ont permis, la première, de synthétiser la pensée théologique et mystique de Madeleine en ouvrant des pistes inattendues (par exemple au travers d'analyses sociologique et littéraire), et la seconde, de montrer l'extraordinaire rayonnement international de la pensée et de la spiritualité de Madeleine Delbrêl.

Actualité dans la recherche universitaire contemporaine

Particulièrement réjouissants ont été les apports de quatre jeunes doctorants : Dorothée Steiof de Rottenburg-Stuttgart, Mariola Lopez de Grenade, Edy Natali de Pistoïa, près de Florence et du Père Sayed Marroun, prêtre maronite du Liban, qui ont montré l'actualité de Madeleine dans la recherche universitaire contemporaine. Ont été également très remarquées les contributions du Père Rémy Kurowski, enseignant de l'ICP en mission à Hong-Kong (sur le sens des écrits missionnaires) et du Recteur de la Faculté de Théologie de Milan (sur le regard porté par Madeleine sur l'athéisme), et une présentation du Père Raphaël Buyse, de la « Fraternité diocésaine des Parvis » de Lille, qui s'inspire de Madeleine pour une présence aux périphéries de l'Église. Dans sa conclusion des deux journées, Mgr Dagens a souligné la portée prophétique des écrits missionnaires.

Petit clin d'œil de la Providence : une semaine après le colloque, Mgr Michel Santier (qui l'avait suivi d'un bout à l'autre et avait présidé l'eucharistie de clôture à Ivry) et le Père Gilles François, postulateur de la Cause, se sont rendus à Rome pour rencontrer le cardinal Amato, Préfet de la Congrégation pour les Causes des Saints. Ce dernier leur a donné une bonne nouvelle : le pape François souhaite la béatification de laïcs. Un feu vert est donné au relateur pour la publication de la « positio » de la Cause de Madeleine et sa prochaine communication aux cardinaux et théologiens. La perspective de la béatification se rapproche.

Pour en savoir plus : www.madeleine-delbrel.net