RETOUR DES CERCUEILS DES EVEQUES

Les deux premiers évêques de Créteil, Robert de Provenchères et François Frétellière ont été enterrés dans le caveau, au sein du patio de la première cathédrale. En raison des travaux du déploiement, leurs cercueils avaient été transportés au cimetière de Créteil.
Lundi 14 septembre, fête de la Croix Glorieuse, les diocésains entourant leur évêque Michel Santier, ont accueilli le retour de ces cercueils, et leur inhumation au cœur de la cathédrale. Une cérémonie émouvante et priante.

Le père Jean-Pierre Gay a rappelé des éléments de la vie de ces deux personnalités.

Mgr Robert de Provenchères est donc le premier évêque de Créteil, au moment de la création du diocèse en 1966. Il venait de Paris où il était à la « direction des œuvres ».
C'était un homme de grande écoute, accueillant, même s'il pouvait impressionner un peu par sa stature et sa pipe légendaire qui lui laissait le temps de mûrir ses décisions... Il avait les pieds sur terre, c'était un pragmatique, avec un discernement très sûr. Et il en fallait du discernement dans ces années-là : nous étions dans l'effervescence de l'après Concile, Mai 68 est arrivé très vite, le diocèse était à construire : des paroisses venaient de l'ancien diocèse de Versailles, d'autres de Paris ; nous avions la chance d'avoir un clergé plutôt jeune : les jeunes prêtres étaient souvent envoyés faire leur apprentissage du ministère dans la banlieue...

Un clergé jeune donc, mais aussi turbulent ; les idéologies s'entrechoquaient dans ces années-là... Il a fallu tout le calme et tout le sens pastoral du Père de Provenchères pour maintenir l'unité. Son premier souci a été de faire un presbyterium et il a réussi. Je vous passe tous les débats pour la constitution du conseil presbytéral : il fallait que toutes les sensibilités soient représentées !

Mgr de Provenchères a souhaité ancrer le diocèse au centre du département et le doter d'une cathédrale et d'un centre diocésain : c'est le lieu où nous sommes qui, bien sûr, s'est déployé depuis... Il s'est réjoui de l'arrivée du Père Fretellière en novembre 79 comme coadjuteur ; il lui a laissé la place en août 81. Il est resté dans le diocèse, disponible pour rendre service quand on le lui demandait, avec discrétion et humilité. Il allait souvent chez nos sœurs de l'Annonciade. Il est décédé le 16 mars 1992.

Mgr François Fretellière a donc pris les rênes du diocèse en août 81, après 2 années où il a appris à aimer notre banlieue, lui qui était fier d'être angevin et se demandait comment on pouvait vivre dans ce béton qu'il apercevait du train quand il venait à Paris... Il aimait rappeler aussi qu'il avait appris son métier d'évêque à l'école du Père Maziers l'archevêque de Bordeaux.

Le Père Fretellière s'est attelé à la mise en œuvre du Concile, je vois encore son exemplaire des textes conciliaires souligné de partout et qu'il reprenait souvent, soucieux de permettre à tout le peuple de Dieu de prendre sa place dans la vie de l'Eglise, soucieux de mettre en place le ministère diaconal... Le premier diacre permanent du diocèse a été ordonné en 1988. C'est à cette date aussi qu'il a souhaité que des laïcs participent au conseil épiscopal... (BdG et Anne Dubost) ; Le Père Fretellière faisait figure de pionnier à cette époque !

Il a plus hésité pour lancer un synode, mais il nous a proposé une démarche synodale en 84-85 : « A la croisée des chemins » qui a abouti en décembre 85 à nos premières orientations diocésaines, lesquelles ont ensuite donné naissance aux EAP, aux secteurs pastoraux avec leurs conseils, puis plus tard aussi à la mise en place des chargés de mission ecclésiale (qu'on appelait alors laïcs en charge ecclésiale)...
Dans toute cette aventure, le Père Fretellière a senti que nous risquions d'être très occupés à la mise en place des structures internes à notre vie en Eglise, en oubliant un peu ce qui était au cœur des orientations de la croisée des chemins : l'écoute des hommes et des femmes, des jeunes et des enfants de notre département, de leurs joies et de leurs espoirs, de leurs tristesse et de leurs angoisses : il nous a proposé alors la belle démarche « Compagnons d'humanité », qui a, de fait, permis beaucoup d'échanges, que nous avons célébrés à Bercy à la Pentecôte 1995.

C'est le père Fretellière qui a aussi ouvert le procès en béatification de Madeleine Delbrêl.
Il nous a quittés brutalement le 3 mai 97 suite à une opération au retour de la visite Ad limina.