Lettre de la Maison des serviteurs de la Parole

maison-serviteurs-paroles-diocese-creteilTrois années se sont déjà écoulées et maintenant la période de rentrée est engagée au cours de laquelle nous constituons une quatrième promotion. Nous souhaitons vous adresser une synthèse pour vous témoigner de la manière dont la Maison des serviteurs de la Parole vit et permet une formation chrétienne aux jeunes qui y participent durant une année, ainsi que nous leur proposons.
La première remarque que nous voulons faire, c'est que nous sommes bien un service diocésain : la diversité des jeunes le montre, tant culturelle qu'intellectuelle mais aussi d'orientation professionnelle et de sensibilité spirituelle. Il n'y a pas de profil type, ni du genre « militant bien taillé » et prêt à s'engager, ni non plus « jeune en difficulté », ni non plus « pré-séminariste » ou « pré-novice ». Il y a un peu de tout cela... Ils sont en chemin, ils ont fait déjà, chacun à leur manière et dans leurs lieux de vie, une rencontre du Christ, ils ont le désir d'aller plus loin.

La proposition d'une maison où l'on prie le matin avant de partir à ses études ou son travail, d'une maison où l'on se retrouve le soir familièrement et familialement semble vraiment pertinente. Leur diversité, ainsi que le choc des caractères et des éducations, les aident à se construire.
La pratique des mardis communautaires (Messe à 19h, diner, travail biblique, puis oraison et complies) est profondément inscrite dans l'esprit de la maison. La célébration de l'eucharistie plusieurs fois par semaine structure la communauté au fil des mois. Les weekends communautaires, une fois par mois sont très souvent des moments clés de construction, mais aussi de prise de conscience, de remise en cause et de conversion.

Nous assurons un suivi de chaque jeune, Béatrice habitant sur place. Notre attention quotidienne permet de les connaître davantage et qu'ils nous connaissent. Cela les aide à se situer dans un monde adulte. Les relectures que nous faisons avec chacun, une fois par trimestre et plus si nécessaire, les aident à voir le chemin parcouru et à relire leurs propres motivations (qu'ils avaient mises par écrit avant leur entrée). Nous n'hésitons pas à questionner et nous faisons l'expérience qu'ils apprécient, parfois après coup, que nous soyons exigeants avec eux.

Nous constatons que, après une année à la Maison des serviteurs de la Parole, le goût de la prière et de la lectio divina tient bon. Ils font du chemin dans leur rapport à l'engagement, qui n'est jamais très facile de nos jours. Il est nécessaire aujourd'hui d'apprendre à poser des choix, et cela commence, bien évidemment par les petites choses du quotidien.

Nous sentons que la Maison devient peu à peu un lieu dans la vie du diocèse. Elle commence à être connue et elle apporte du sens. Les invitations que nous avons pu faire auprès d'un certain nombre de prêtres et d'acteurs pastoraux furent des moments très fructueux et conviviaux. Mais nous ne sommes pas encore très visibles... Il y a de la place dans cette maison et pour que ce type proposition soit davantage faite aux jeunes.

Enfin, nous avons la joie de constater que la vie et les écrits de Madeleine Delbrêl portent du fruit en eux. Des textes tels que « Nous autres gens des rues », « Notre pain quotidien » ou « Le bal de l'obéissance » ont un impact dans leur vie. Ils font mieux le lien entre leur vie de tous les jours et leurs grands désirs.

Béatrice Durrande, Père Gilles François