Solidarité

18 et 19 novembre 2018 : QUÊTE NATIONALE DU SECOURS CATHOLIQUE, L’INVITATION À LA RÉVOLUTION FRATERNELLE.

visuel cfa 2018 elle avait baisse les bras metropole 1MESSAGE MGR BLAQUART ET MGR SANTIER - JOURNÉE DU SECOURS CATHOLIQUE / JOURNÉE MONDIALE DES PAUVRES

Le 18 novembre, à l’occasion de sa collecte nationale, les 24 équipes locales du Secours Catholique du Val de Marne se mobiliseront dans les paroisses pour témoigner auprès de la communauté chrétienne de la solidarité avec les plus pauvres. A cette occasion, des témoignages et animations vous seront proposés.

Cette année, la Journée Mondiale des Pauvres initiée par le pape François se tiendra le même jour que la journée nationale du Secours Catholique.
Elle donnera à leur engagement une résonance particulière et nous rappellera combien la fraternité entre tous est essentielle.

Pour en savoir plus sur leurs actions :

 

INTERVENTION DE MGR MICHEL SANTIER en clôture de l'opération ASA 2017

Pendant tout ce mois d’août à Créteil et ici à Villejuif, comme bénévoles vous avez accueilli de nombreuses familles avec des enfants, des personnes seules. Vous avez accueilli chaque personne avec le sourire ; vous avez pris le temps de les écouter car, si elles ont faim, si elles cherchent à faire subsister leur famille, à faire que leurs enfants ne souffrent pas trop de leur situation précaire, ces personnes ont toute leur dignité.

Certaines même ont été invitées à participer à cette action de distribuer les repas ; à travers le service de l’autre, elles reprennent confiance en elles. En fait, il s’agit d’une hospitalité. La plupart des bénéficiaires viennent des pays du Maghreb, d’Afrique, d’Asie, en résumé de l’Orient. Nous savons, nous connaissons, ou nous l’avons vécu par expérience, l’importance de l’hospitalité, de l’accueil, dans leur culture. Aussi, après avoir rêvé d’échapper aux conditions difficiles dans leur pays, après avoir cru que la France, l’Europe, étaient un pays d’Eldorado, (ce qui est entretenu par ce qu’ils voient à la télévision), ils tombent de haut !

Ce mois d’août est, pour eux, comme une oasis dans le désert de l’été où beaucoup de personnes quittent leur quartier, leur cité, pour des vacances, et ces personnes se retrouvent alors seules.

Ce qui se vit à ASA, et chaque bénévole est un visage d’ASA, qu’il soit jeune ou qu’il ait des cheveux d’argent, bénévole expérimenté ou bénévole nouveau, change le regard de nos frères et sœurs dans la difficulté, sur la France et sur l’Eglise.

Ici, que nous soyons chrétiens pratiquants ou un peu en distance avec l’Eglise, non croyants ou musulmans, le service commun entre nos frères et sœurs les plus pauvres nous rapproche les uns des autres, nous fait expérimenter une vraie fraternité au point qu’à la fin du mois on ne sait plus trop qui est qui ! Nos regards sont tournés vers celui qui est en manque et nous vivons entre bénévoles, entre bénévoles et bénéficiaires, une vraie hospitalité. Nous accueillons en l’autre ce qu’il a de meilleur et celui-ci nous fraternise aussi par son accueil, son humanisme.

L’hospitalité, recevoir l’autre chez soi, dans sa maison, en soi c’est accepter aussi d’être reçu par l’autre tel que nous sommes. De là, cette joie qui règne ici malgré les difficultés et les fatigues de l’organisation. Partageant la Parole de Dieu, l’Evangile, ensemble avant la distribution des repas, nous donnons ensuite des mains à l’Evangile par tous ces gestes de partage, d’accueil, d’écoute, d’hospitalité.

ASA, un don de l’Esprit qui vient du diocèse de Paris et qui prend corps dans celui de Créteil pour le bonheur des bénévoles comme des bénéficiaires. Il est appelé à se développer, à grandir selon ce que nous ont dit l’imam et des amis musulmans à Créteil. Cela suppose de trouver de nouvelles ressources, de nouveaux bénévoles. Je compte sur vous, sur votre imagination.

J’exprime ma gratitude à monsieur Philippe Brouant, à monsieur Denis Brot, monsieur Jean-Arnaud de Lasa, à Bernard et Simone Baudry, à Jacques et Françoise Béchet, à Marie Thérèse Picard, à tous les bénévoles engagés dans cette aventure, cette chaine de l’amour.

Que l’aventure continue !

+ Mgr Michel Santier

Badge des bénévoles

JE VOUS DEMANDE PARDON
POUR TOUTES LES FOIS
OÙ LES CHRÉTIENS
ONT REGARDÉ DE L’AUTRE CÔTÉ

pape pelerins

Le pape François, debout, tête inclinée, garde les yeux fermés et les mains jointes pendant que les pèlerins prient silencieusement sur lui, pour lui.
Rome. 11 novembre 2016-Jubilé des Sans-Abri

Je vous demande pardon au nom des chrétiens
qui ne lisent pas l’Évangile et qui ne savent pas
que la pauvreté est au cœur de l’Évangile.

Août Secours Alimentaire 2016 en Val-de-Marne

ASA 2016 : lieu de rencontres

Cette campagne 2016, quatrième en Val-de-Marne, s’achève et je sens le besoin de vous en confier un des aspects : celui des rencontres improbables que l’on y fait. Elles sont nombreuses et diverses, toutes uniques et personnelles. Voici l’histoire de Mahnia comme illustration.

L’assassinat odieux du Père Jacques Hamel a bien sûr profondément marqué notre action de distribution, tout d’abord parce qu’il a été commis quelques jours avant le début août ; et ensuite, nos liens avec les bénévoles musulmans bien établis en ont été renforcés et nous en avons beaucoup et souvent parlé : répondre par un supplément de fraternité.

Et voici donc que Mahnia, dans sa propre foi, entend l’appel du CFCM (Conseil Français du Culte Musulman) de se rendre à une messe le dernier week-end de juillet. Elle ressent profondément le besoin de solidarité et le samedi 30 juillet, elle ose ce qu’elle n’avait jamais fait une seule fois de sa vie : elle entre dans une église et c’est St Cyr Ste Julitte à Villejuif. Elle assiste alors à la messe et entend à la fin un appel de Jacques Béchet, diacre, faisant une annonce pour rechercher des bénévoles ; ASA va commencer le lundi et nous savons que nous manquons un peu de bénévoles. Elle n’a jamais entendu parler de ASA mais comprend à demi-mot qu’il se joue quelque chose.

Elle chemine en retournant chez elle avec Sœur Lucienne : elles habitent à côté l’une de l’autre. Elle veut en savoir plus et l’interroge ; c’est quoi ASA ? Lucienne explique et Mahnia, comprenant les enjeux, souhaite faire demi-tour et elles reviennent à l’église.

La rencontre avec Jacques se fait et elle sera là dès le 1er aout et tous les jours de distribution.
Je lie rapidement une relation fraternelle avec elle, au milieu des petits pots pour bébés. Je l’invite au temps de prière commun prévu à Créteil le 17. Elle y vient, bien que peu en forme ce jour-là en se faisant accompagner par une amie. Elle se lève ; devant l’assemblée chrétienne et musulmane, elle témoigne et explique : « Je me suis rendue à la messe célébrée pour le père Hamel. C’est comme ça que j’ai entendu parler de l’association. »

En fin d’après midi, elle retourne à Villejuif et reprend la distribution.
Elle me confie : « Pourquoi rester devant la télé ; là, je suis heureuse d’être avec tout le monde, les bénévoles, les accueillis. Je sers pour la solidarité. Et mes fils sont très contents que je fasse cela. ». L’an prochain, elle souhaite revenir.

Des ressemblances avec le récit des disciples d’Emmaüs me marquent bien sûr dans cette rencontre : l’interrogation initiale sur ce qui s’est dit, le cheminement à deux, le retour vers le lieu de célébration, la compréhension et l’engagement. Je crois réellement que, déjà le Père Hamel intervient pour nous qui sommes restés sur Terre. Cette merveilleuse rencontre avec Mahnia, dans sa foi, est pour moi un signe résurrectionnel qu’il nous envoie avec générosité et miséricorde.

Bernard Baudry, diacre