Paroles d’évêque

Lettre aux prêtres du diocèse de Créteil

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A la suite de propos tenus dans la Presse, Monseigneur Santier a écrit le courrier suivant adressé à tous les prêtres du presbyterium.

 

Créteil le 6 juin 2018

Aux prêtres du diocèse de Créteil

Chers frères prêtres,

Les circonstances me poussent à vous écrire au sujet d’un prêtre du diocèse de Coutances que j’ai accueilli dans le diocèse de Créteil à la demande de son évêque, Monseigneur Laurent Le Boulc’h, et qui vient de faire l’objet d’un article dans la Presse.
Mes pensées vont d’abord vers la famille concernée par cette affaire, avec laquelle je suis en contact depuis plusieurs mois. Je tiens à redire aux parents et à leurs enfants ma profonde tristesse et l’expression de ma sincère compassion.

Quels sont les faits ?
A l’issue un procès pénal dans la Manche, ce prêtre a été condamné pour attouchements sur mineurs à quatre mois de prison aménagée.
Comme cela se fait habituellement, le dossier a été présenté à Rome à la Congrégation de la doctrine de la foi qui l’a renvoyé au Diocèse de Coutances, lui donnant la responsabilité d'organiser le procès canonique.
Il a été prononcé comme sanction :
• L'impossibilité d'exercer un ministère vis-à-vis des mineurs enfants et jeunes (conformément à la décision judiciaire)
• L'impossibilité d'exercer un ministère dans le diocèse de Coutances
Vu les résultats de ce jugement et à la demande de Monseigneur Le Boulc'h, j’ai accueilli et nommé ce prêtre aumônier, à l'hôpital gériatrique de Limeil-Brévannes, ce qui respectait bien les attendus des jugements civil et canonique.
J'ai également prévenu Madame le Procureur de l'époque.

Or, il y a deux ans, à la suite d'une retraite à Lourdes, à la demande d'une retraitante, ce prêtre a pris contact avec une famille chez qui il a été invité. Les parents apprenant par la suite son passé judiciaire ont aussitôt contacté l'évêque de Coutances et moi-même.
J'ai donc immédiatement rencontré à nouveau, le Procureur de la République, qui au vu des éléments fournis a décrété qu’il n’y avait pas matière à poursuite.
De manière concomitante, nous avons pris des mesures de « recadrage » envers ce prêtre.

Mais récemment, alors qu'il célébrait la messe en remplacement du curé indisponible, sur un territoire qui ne faisait pas partie de sa mission, la famille a été choquée de le reconnaître à l’autel, alors même que l’eucharistie était célébrée en mémoire de l’un de ses défunts. Elle a aussitôt fait un signalement et alerté la Presse.

Face à de tels faits, nous laisserons opérer la justice qui a toute notre confiance, ainsi que la cellule mise en place, pour l’écoute des victimes au plan diocésain et national.

Dans la confiance, je vous invite instamment à porter dans votre prière de pasteur cette famille affectée. Nous aurons aussi à cœur de prier pour ce prêtre.

Je reste bien évidemment à la disposition d'un prêtre qui désirerait m'en parler.

Fraternellement
+ Michel Santier

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ETATS GÉNÉRAUX DE LA BIOÉTHIQUE

ETATS GENERAUX DE LA BIOETHIQUE


"Quel monde voulons-nous pour demain ?" C’est sur cette question que se sont ouverts le 18 janvier 2018 les États généraux de la bioéthique (http://eglise.catholique.fr/sengager-dans-la-societe/eglise-et-bioethique/. Ceux-ci doivent durer six mois (jusqu’au 7 juillet) et aboutir à une nouvelle loi sur la bioéthique à la fin de l’année 2018.
Le cadre et les thèmes des États généraux
L’actuelle loi bioéthique du 7 juillet 2011 prévoit qu’elle doit faire l’objet d’une révision par le Parlement dans les 7 ans et que cette révision doit être précédée d’un débat public sous la forme d’États généraux organisés par le Comité consultatif national d’éthique (CCNE).
Le CCNE a donc lancé une vaste consultation afin de recueillir l’opinion de la société française sur un certain nombre de thèmes. Tous les citoyens sont invités à s’interroger et à débattre sur :
• L’avancée de la recherche dans les domaines de la reproduction, du développement embryonnaire et des cellules souches et le respect dû à l’embryon comme personne potentielle ;
• Les techniques de séquençage et d’ingénierie génomique et les prémisses d’une médecine prédictive ;
• Les dons et transplantations d’organes ;
• Les données de santé, notamment au regard du développement des objets connectés et des risques d’atteintes à la vie privée ;
• L’intelligence artificielle et les robots et la responsabilité des professionnels de santé vis-à-vis de leur utilisation ;
• Les neurosciences au regard du développement des techniques d’imagerie ;
• La relation santé-environnement et les responsabilités scientifiques et techniques de l’homme ;
• La procréation (PMA, GPA, etc.)
• La fin de vie (question sur la légalisation de l’assistance au suicide, politiques d’accompagnement pour les malades en fin de vie).

Je vous invite à prendre connaissance et à vous inscrire sur le site unjourunargument.fr,
mis au point par des catholiques et recommandé
par Mgr d’Ornellas* à tous les évêques de France.

Il s’agit d’un outil pouvant aider chacun de nous à contribuer au débat sur le site des Etats généraux, avant le 30 avril 2018.

+ Michel Santier
Votre évêque

(*) Mgr Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes est responsable du groupe de travail de la Conférence des Evêques de France sur la bioéthique

Contact : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Message et proposition aux diocésains au sujet des états généraux de bioéthique

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Depuis le 18 janvier 2018, les États généraux de bioéthique sont lancés afin de permettre un débat public, avant la révision des lois de bioéthique prévue cet automne.

Les thèmes abordés sont issus des nouvelles possibilités scientifiques et techniques et de demandes sociétales. Les études, témoignages et sondages récemment publiés expriment, d’une part la complexité des situations et, d’autre part la diversité des positions, face à la gravité des questions posées.

Les enjeux sont considérables, et en tant que chrétiens, nous sommes appelés à nous engager : « Quel monde voulons-nous pour demain ? ». C’est une question globale au-delà des domaines particuliers de la bioéthique. Il est donc urgent de ne pas céder à l’émotion provoquée par une situation mais de prendre le temps d’un discernement raisonné.

Nous sommes tous concernés par ces questions : même si elles ne se posent pas toujours à nous directement, elles sont « signes des temps ». Parce que nous croyons que l’homme est d’abord un être de relation, créé à l’image de Dieu, qui se construit et agit avec d’autres, nous ne pouvons pas laisser de côté nos frères en humanité, confrontés à des situations soulevées par les progrès de la bioéthique. Comme nous y appelle le pape François, au nom de l’Évangile, je vous invite à être toujours là, présents, pour « accompagner, discerner et intégrer la fragilité » (Amoris Laetitia ch. VIII).

L’Église a une belle tradition d’accompagnement des personnes. Je vois dans notre diocèse tout ce qui se fait déjà depuis longtemps pour prendre soin et soulager la souffrance. En lien avec ces sujets de bioéthique, je pense en particulier aux personnes malades, très âgées, handicapées et à leur entourage, aux couples en espérance d’enfants, aux soignants, etc. Quant aux élus du Val-de-Marne, ils auront la grande responsabilité de se prononcer dans un vote qui dépasse les traditionnels clivages politiques et nous devons les soutenir. Devant un choix, la tradition catholique invite à discerner, pour agir en conscience éclairée et ainsi grandir dans l’amour. Je vous invite à la confiance car, quelles que soient les décisions prises, un chemin de croissance personnel est toujours possible à celui qui veut suivre le Christ, avec l’aide de la grâce.

Toutes ces questions sont complexes et nécessitent compréhension et formation afin de s’exprimer et de débattre. En particulier, pour mieux cerner les enjeux de la fin de vie, j’ai demandé qu’une conférence soit organisée par les services diocésains « Pastorale de la santé » et « Famille et Société » le jeudi 3 mai 2018, à 20h30, à la cathédrale de Créteil.

Mais par-dessus tout, c’est la prière qui doit nous guider à tout moment. Pour cela venez nombreux à la veillée pour la vie, le mercredi 16 mai 2018 à 19h, à la cathédrale Notre Dame de Paris pour prier ensemble car c’est dans la prière que chacun trouvera comment il peut se situer par rapport à ces questions. Dans nos choix collectifs et personnels, nous avons besoin de la grâce de Dieu, nous la demandons dans la prière, pour choisir - avec humilité - selon la vérité et dans la paix du cœur.

+ Michel Santier
Evêque de Créteil