Paroles d’évêque

Message et proposition aux diocésains au sujet des états généraux de bioéthique

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Depuis le 18 janvier 2018, les États généraux de bioéthique sont lancés afin de permettre un débat public, avant la révision des lois de bioéthique prévue cet automne.

Les thèmes abordés sont issus des nouvelles possibilités scientifiques et techniques et de demandes sociétales. Les études, témoignages et sondages récemment publiés expriment, d’une part la complexité des situations et, d’autre part la diversité des positions, face à la gravité des questions posées.

Les enjeux sont considérables, et en tant que chrétiens, nous sommes appelés à nous engager : « Quel monde voulons-nous pour demain ? ». C’est une question globale au-delà des domaines particuliers de la bioéthique. Il est donc urgent de ne pas céder à l’émotion provoquée par une situation mais de prendre le temps d’un discernement raisonné.

Nous sommes tous concernés par ces questions : même si elles ne se posent pas toujours à nous directement, elles sont « signes des temps ». Parce que nous croyons que l’homme est d’abord un être de relation, créé à l’image de Dieu, qui se construit et agit avec d’autres, nous ne pouvons pas laisser de côté nos frères en humanité, confrontés à des situations soulevées par les progrès de la bioéthique. Comme nous y appelle le pape François, au nom de l’Évangile, je vous invite à être toujours là, présents, pour « accompagner, discerner et intégrer la fragilité » (Amoris Laetitia ch. VIII).

L’Église a une belle tradition d’accompagnement des personnes. Je vois dans notre diocèse tout ce qui se fait déjà depuis longtemps pour prendre soin et soulager la souffrance. En lien avec ces sujets de bioéthique, je pense en particulier aux personnes malades, très âgées, handicapées et à leur entourage, aux couples en espérance d’enfants, aux soignants, etc. Quant aux élus du Val-de-Marne, ils auront la grande responsabilité de se prononcer dans un vote qui dépasse les traditionnels clivages politiques et nous devons les soutenir. Devant un choix, la tradition catholique invite à discerner, pour agir en conscience éclairée et ainsi grandir dans l’amour. Je vous invite à la confiance car, quelles que soient les décisions prises, un chemin de croissance personnel est toujours possible à celui qui veut suivre le Christ, avec l’aide de la grâce.

Toutes ces questions sont complexes et nécessitent compréhension et formation afin de s’exprimer et de débattre. En particulier, pour mieux cerner les enjeux de la fin de vie, j’ai demandé qu’une conférence soit organisée par les services diocésains « Pastorale de la santé » et « Famille et Société » le jeudi 3 mai 2018, à 20h30, à la cathédrale de Créteil.

Mais par-dessus tout, c’est la prière qui doit nous guider à tout moment. Pour cela venez nombreux à la veillée pour la vie, le mercredi 16 mai 2018 à 19h, à la cathédrale Notre Dame de Paris pour prier ensemble car c’est dans la prière que chacun trouvera comment il peut se situer par rapport à ces questions. Dans nos choix collectifs et personnels, nous avons besoin de la grâce de Dieu, nous la demandons dans la prière, pour choisir - avec humilité - selon la vérité et dans la paix du cœur.

+ Michel Santier
Evêque de Créteil

Durant le Carême laissons nous regarder par le Christ

Le carême est la période de 40 jours qui précède le jour de Pâques, événement central du christianisme. Il rappelle les 40 jours que Jésus a passés au désert. Il commence le mercredi des Cendres (en 2018, 14 février) et s’achève au jour de Pâques (1er avril). C'est un temps de jeûne et de conversion, qui s’inscrit cette année, pour le diocèse de Créteil, dans la dynamique de la lettre pastorale « Goûtons la Parole ».

Depuis la fin du Synode, vous avez lancé ici et là les « Maisons d’Evangile - l’Evangile à la Maison », vous avez pu re-découvrir l’évangile de Marc, par l’opération des « Prions en Eglise », édités spécialement pour le diocèse, vous avez peut-être assisté à la cathédrale, au spectacle « interactif » sur cet évangile le 27 janvier dernier, organisé par Isabelle Parmentier et les Services diocésains ou bien encore participé aux formations sur l’Ancien Testament du week-end dernier…

Autant d’initiatives, qui proposées par le diocèse ou les secteurs, les paroisses, les mouvements avaient mission de permettre à chacun de ré-ouvrir sa Bible.

Il ne s’agit pas là d’une marotte de votre évêque, qui vous parle souvent de l’importance d’un cœur à cœur avec la Parole de Dieu !

Tous ceux qui en ont fait réellement l’expérience savent qu’à travers l’Ecriture, c’est vraiment Jésus qui nous parle. Par sa Parole, il désire entrer en relation avec chacun de nous. Il nous parle comme on parle à des amis et nous révèle le visage de son Père, le Dieu qui nous aime personnellement et qui nous pardonne.

Cette ouverture des Ecritures, transforme la vie et nous ouvre aux autres. « Le seigneur me pousse à faire du bien autour de moi, à rendre service, à ne pas penser qu’à moi, à me soucier des autres auprès de moi, à les comprendre. Aujourd’hui mes prières ne sont plus que pour ma famille ou pour moi, elles sont également pour les personnes à travers le monde ! », me disait, il y a quelque temps un catéchumène.

Le Carême débute donc aujourd’hui, « Mercredi des Cendres ». La cendre appliquée sur notre front nous appelle à la conversion. Or, pour se convertir, il faut se savoir aimé ! Lorsque l’on se sait aimé, reconnu, regardé, on revit ! On entre dans la lumière.

Et l’on ne veut décevoir et peiner la personne qui nous aime. On se sent à la fois humble et maladroit face à elle et en même temps très fort, parce que cet amour nous donne une Espérance, une énergie, une joie immense !

Ces cendres posées sur notre front redisent tout cela. Elles sont l’image de notre pauvreté : quand on constate qu’il y a des cendres, c’est qu’apparemment il ne reste plus rien ! Mais c’est aussi l’image de la vie : les cendres fertilisent la terre, et la vie peut renaitre sous les cendres.

Pendant ces quarante jours de marche vers Pâques, je vous invite donc à vous nourrir chaque jour de la Parole de Dieu, pour rencontrer Jésus à travers les Ecritures, pour vous laisser regarder par le Christ et vous laisser aimer en chaque instant de votre journée. Savoir qu’IL est là, comme un ami fidèle, comme un « amoureux », en quête de notre oui !

Comme il sera aisé alors de reconnaître sa propre faiblesse.

L’un de vous me racontait dernièrement cette anecdote. Pianiste amateur mais avéré, il venait de s’acheter un très beau piano de laque noire. Il était fier de ce piano en belle place dans son salon, mais il était embêté : « dans la pénombre, mon piano est magnifique, mais dès qu’il y a de la lumière, on découvre des imperfections dues à la poussière et aux marques de doigts ». Cette anecdote peut aider à comprendre ce qu’est le péché : tant que l’on ne se sait pas dans la Lumière de l’Amour de Dieu, on ne peut reconnaître ses limites, on ne peut prendre conscience de ses déficienses, de ses tentations, de ses découragements, de ses manques d’espérance…

Alors, durant ce Carême, prenez réellement du temps pour faire halte, avec le Seigneur, pour vous laissez regarder par le Christ, pour vous laisser irradier par sa Lumière. Ensuite les gestes de prière, le jeûne, le sacrement de réconciliation, l’aumône, vous paraitront des gestes naturels et nécessaires.

Au début de ce Carême, je vous propose de relire le message du pape François, que vous trouverez sur le site du diocèse, dans la rubrique « A la Une ». Et puis je vous engage aussi à participer à l’une ou l’autre des propositions qui vous seront faites ici et là dans vos paroisses, dans vos secteurs ou à la cathédrale :

  • Les journées du pardon dans vos communautés paroissiales

  • Le 18 février, l’appel décisif des catéchumènes. Les adultes catéchumènes feront la démarche de l’appel décisif. Après une journée de récollection, je célèbrerai à 16h l’Eucharistie. Je vous invite à les entourer

  • Le 23 février, la journée mondiale de jeûne pour la paix. Au terme de la prière de l’angélus, le 4 février dernier, le Pape François a annoncé la convocation, le vendredi 23 février, d’une journée de prière et de jeûne pour la paix. Le Saint-Père a précisé que cette journée serait offerte « en particulier pour les populations de la République démocratique du Congo et du Soudan du Sud», deux nations africaines marquées par des situations de conflit, dans lesquelles l’Église catholique est particulièrement exposée.

  • Le 4 mars de 14h30 à 18h, l’après-midi diocésain du sacrement du pardon, animé par les groupes de prière du renouveau et les communautés nouvelles et la pastorale liturgique et sacramentelle, cet après-midi est ouvert à tous les baptisés du diocèse.

  • 9 et 10 mars, 24 h pour le Seigneur qui seront vécues dans notre diocèse du samedi 24 février 9h au dimanche 25 février 9h. Nous reprendrons à la cathédrale à la demande du pape François ; l’initiative des « 24h pour le Seigneur » qui nous invite à célébrer le sacrement de réconciliation pendant l’adoration eucharistique, s’inspirant des paroles du Psaume 130 « près de toi se trouve le pardon »

  • Le 16 mars à partir de 18h, la halte spirituelle. En plein cœur du Carême, une halte pour reprendre souffle, prier, méditer avec d’autres sur le thème « Toutes les œuvres, bénissez le Seigneur », méditation de Sœur Sophie Ramond, bibliste. Préparée par le pôle Famille et Société.

Vous le voyez les temps les propositions sont nombreuses et variées. Beau Carême à chacun de vous !

+ Michel Santier

Evêque de Créteil

Edito de Mgr Santier

Le 27 janvier dernier nous avons reçu la bonne nouvelle de la décision du Pape François, de reconnaître l’historicité des vertus de Madeleine Delbrêl, assistante sociale, poète, mystique qui a vécu l’Evangile d’une manière extraordinaire dans une vie ordinaire.
Cette décision arrivait après le travail immense et très précis du père Gilles François postulateur de la cause en béatification de cette femme.
Désormais je demande à tous de prier, pour que par l’intercession de Madeleine Delbrêl, des grâces de conversions et de guérisons soient obtenues en vue de sa béatification. Je vous invite à prier également pour que le dossier d’une première guérison puisse aboutir.

Cette décision papale est arrivée, par un merveilleux hasard, la veille de la présentation, à Ivry du projet de rénovation de la Maison où Madeleine Delbrêl a vécu avec ses équipières et où elle est morte en 1964.
Cette présentation où vous étiez nombreux, s’est vécue dans un climat de respect et d’amitié avec le maire, Philippe Bouyssou et la municipalité.
Madeleine Delbrêl, est à la fois, une figure de femme qui par ses actions a aimé et servi les habitants d’Ivry, et par ses écrits une figure de sainteté dans la vie ordinaire pour notre diocèse et l’Eglise universelle. Elle a vécu la vie de l’Evangile dans des rues ordinaires, des maisons ordinaires, des actions ordinaires remplies de l’amour du Christ. C’est le chemin qu’elle a ouvert pour chacun de nous.
Au moment où je vis et poursuis la visite pastorale des quartiers populaires, je suis émerveillé par toutes ces personnes qui vivant dans des conditions précaires et difficiles puisent dans la foi une Espérance, et s’engagent avec d’autres, dans des actions de solidarité.

Le Dossier du mois du numéro de Mars de C@P est consacré à la priorité diocésaine : les jeunes.
En tant qu’évêque j’essaie de porter sur les jeunes à l’invitation du Pape François, le regard du pasteur, un regard bienveillant pour les encourager dans leurs choix. J’essaie d’être à leur écoute et dans la mesure du possible d’être présent à toutes leurs fêtes et leurs rassemblements. Nombreux sont ceux qui s’ouvrent à moi, m’écrivent et me font part de leurs difficultés mais aussi de leurs espérances.
Au fil de mes rencontres, je prends conscience combien la formation des animateurs, des accompagnateurs est essentielle.
Nous avons aussi à prendre soin des animateurs, de leur formation, de leur vie spirituelle. Car ensemble, nous sommes conduits à faire confiance aux jeunes. Nous avons non pas à faire ou à décider pour eux, mais bien à les accompagner, pour les aider à mettre en route leurs propres initiatives. Avec eux nous n’avons plus à être des décideurs mais des passeurs pour leur indiquer la Lumière du Christ !

En ce temps de Carême, c’est ce que je vous engage à méditer dans vos services, vos mouvements, paroisses et secteurs, et je vous invite à venir faire halte, avec moi le 16 mars prochain, lors de la « halte spirituelle » qui se déroulera à la cathédrale à partir de 18h30.

+ Michel Santier
Evêque de Créteil

Durant le Carême, nourrissons nous de la Parole de Dieu

Lorsque vous recevrez ce numéro de C@P nous serons à quelques jours du début du Carême.

Le carême est la période de 40 jours qui précède le jour de Pâques, événement central du christianisme. Il rappelle les 40 jours que Jésus a passés au désert. Il commence le mercredi des Cendres (cette année le 14 février) et s’achève au jour de Pâques (1er avril). C'est un temps de jeûne et de conversion, qui s’inscrit cette année pour le diocèse de Créteil, dans la dynamique « Goûtons la Parole ».

Depuis la fin du Synode, vous avez lancé ici et là les « Maisons d’Evangile- l’Evangile à la Maison », vous avez pu re-découvrir l’évangile de Marc, par l’opération des « Prions en Eglise », édités spécialement pour le diocèse, vous avez pu peut-être participer à la cathédrale, au spectacle « interactif » sur cet évangile, le 27 janvier dernier, organisés par Isabelle Parmentier et les Services diocésains...
Autant d’initiatives qui lancées par le diocèse ou les secteurs, les paroisses, les mouvements avaient mission de permettre à chacun de ré-ouvrir sa Bible.

Il ne s’agit pas là d’une marotte de votre évêque, qui vous parle souvent de l’importance d’un cœur à cœur avec la Parole de Dieu !
Tous ceux qui en ont fait réellement l’expérience savent qu’à travers l’Ecriture, c’est vraiment Jésus qui nous parle. Par sa parole, il désire entrer en relation avec chacun de nous. Il nous parle comme on parle à des amis et nous révèle le visage de son Père, le Dieu d’amour qui nous pardonne.
Cette ouverture aux Ecritures, transforme la vie et nous ouvre aux autres.
« Le seigneur me pousse à faire du bien autour de moi, à rendre service, à ne pas penser qu’à moi, à me soucier des autres auprès de moi, à les comprendre. Aujourd’hui mes prières ne sont plus que pour ma famille ou pour moi, elles sont également pour les personnes qui, à travers le monde, en ont besoin ! », me disait il y a quelque temps un catéchumène.

Pendant ces quarante jours de marche vers Pâques, je vous invite donc à vous nourrir chaque jour de la Parole de Dieu, pour surmonter les tentations, les découragements, les manques d’espérance et pour découvrir que l’on ne peut pas faire Eglise tout seul.
Prenez réellement du temps pour faire halte, avec le Seigneur. C’est l’enjeu de la proposition qui vous est faite le 16 mars prochain « toutes les œuvres du Seigneur, bénissez le Seigneur » (Dn 3,57) par le pôle Famille et Société.

Durant ce Carême, je vous invite également à venir entourer le 18 février prochain tous les adultes catéchumènes qui feront la démarche de l’appel décisif. Après une journée de récollection, je célèbrerai à 16h l’Eucharistie.

Je vous souhaite de vivre un bon carême