Paroles d’évêque

Aux prêtres du diocèse de Créteil

Pères,

En cette période estivale vous êtes dispersés.

Je vous fais part par ce mailing de la lettre du Pape François à tous les prêtres, publiée sur le site de la CEF 

Comme me l'ont conseillé de nombreux proches, je suis en repos en Normandie, mais je serai en union de prière avec vous tous le 15 août pour la fête de l'Assomption.
Fraternellement

+ Michel Santier, évêque de Créteil

Communiqué de presse Monseigneur Michel Santier, évêque de Créteil

TÉLÉCHARGER LE COMMUNIQUÉ DE MONSEIGNEUR MICHEL SANTIER

Chers amis du Val-de-Marne,
Chers diocésains,

Je suis très choqué et bouleversé comme vous tous par l’incendie de la cathédrale Notre-Damede Paris, qui fait partie du patrimoine de l’humanité. Elle est aussi un symbole fort de l’unité et
de l’histoire de notre pays ; elle est, pour les catholiques du diocèse de Paris, de notre diocèse et
de ceux de l’Ile-de-France, un témoignage de foi depuis plus de 850 ans !

J’ai assisté en direct à l’embrasement de la cathédrale et à l’écroulement de la flèche, en sortant d’une rencontre avec le Père Benoît de Sinety, vicaire général du diocèse de Paris, rue des Ursins.
Sur le pont, les parisiens ne cessaient d’arriver, j’ai partagé leur stupeur et leurs pleurs.

Lors du 850ème anniversaire de la cathédrale Notre-Dame, le 16 novembre 2013, nous avons cheminé à pied, en RER et métro pour vivre un pèlerinage. Le recteur de l’époque, Monseigneur Patrick Jacquin, était émerveillé car les diocésains de Créteil avaient rempli la cathédrale.

Pendant les travaux de la cathédrale de Créteil, nous avons, grâce à la bienveillance du Cardinal Vingt-Trois, pu vivre à la cathédrale de Paris l’ordination de quatre prêtres pour notre diocèse, le
17 juin 2014. Beaucoup de prêtres aînés ont aussi été ordonnés dans cette cathédrale.

La cathédrale Notre-Dame de Paris est devenue la cathédrale de tous les français. Nous nous retrouvons tous en communion profonde, croyants et incroyants. J’ai reçu des témoignages de sympathie et de compassion de nos amis musulmans de la Mosquée de Créteil et de nos amis juifs, ainsi que de nos frères protestants de l’Association Biblique dont je suis membre. Je suis aussi très touché par les messages d’élus du Val-de-Marne.

Je vous invite à vous associer à la souscription nationale ou aux autres souscriptions qui vous seront proposées pour la reconstruction de la cathédrale Notre-Dame de Paris.

Ce soir, nous prierons en communion avec Monseigneur Michel Aupetit, notre archevêque, avectous les prêtres, diacres et fidèles du diocèse de Paris.

Demain soir, à 18h50, à l’heure où l’incendie s’est déclenché, nous ferons sonner les cloches de notre cathédrale déployée, comme cela se fera dans toutes les cathédrales de France, en solidarité avec le diocèse de Paris.

Créteil, le 16 avril 2019

+ Michel Santier
Evêque de Créteil

Communiqué de la conférence des évêques de France

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Paris, le 15 avril 2019

INCENDIE DE NOTRE-DAME DE PARIS

 

Alors que l’incendie dramatique ravage encore la cathédrale Notre-Dame, les évêques de France expriment leur immense tristesse et assure Monseigneur Michel Aupetit, archevêque de Paris de leur proximité et de leurs prières pour son diocèse.

Ils sont bien conscients que le rayonnement de Notre-Dame de Paris dépasse le cadre de la capitale et qu’elle restera un symbole majeur de la foi catholique et un lieu où tous, croyants et incroyants, peuvent se retrouver aux moments importants de l’histoire de notre pays. 

En ce début de semaine sainte, ils invitent les catholiques à être toujours davantage les pierres vivantes de l’Eglise en vivant du mystère de la mort et de la résurrection du Christ, source de notre espérance.

COLLOQUE ‘’CELIBATAIRES EN EGLISE’’, COLLEGE DES BERNARDINS, SAMEDI 9 FEVRIER 2019

TÉLÉCHARGER L'INTERVENTION DE MGR SANTIER

Le célibat est une condition de vie comme une autre et n’est pas, comme le pensent certains, contre nature. En France vivent plusieurs millions de personnes célibataires et, comme chaque personne, elles sont l’objet de la sollicitude de l’Eglise.

Le célibat n’est pas une absence de relations mais une forme de relation particulière à autrui. Dans nos paroisses, nos assemblées dominicales, les personnes célibataires sont présentes ; mais les voyons-nous ? les remarquons-nous ?

Nous pouvons les solliciter pour des services comme la catéchèse aux enfants, aux jeunes ; l’aumônerie, le chant, la participation à une chorale. Ou encore pour aller visiter les personnes âgées dans les maisons de retraite, les malades à domicile ou les hôpitaux, pour leur porter la communion. Faisons-nous appel à elles parce qu’elles ont davantage de temps par rapport à des personnes mariées, les appelons-nous pour ce qu’elles font ou pour ce qu’elles sont ? Est-on reconnu pour soi-même et non pour les services que l’on peut rendre ?

Ce sont des personnes qui ont besoin d’être accueillies, écoutées, dans leurs joies, leurs peines, leurs souffrances intimes, leur solitude.

Le célibat est un trésor pour l’Eglise ; la personne célibataire, en Eglise, est signe d’espérance et de fécondité. Ces personnes ont aussi beaucoup de richesses intérieures qu’on ne peut découvrir d’emblée, et qu’elles ne peuvent révéler que par l’écoute.

L’accompagnement spirituel peut leur être proposé comme un chemin de croissance humaine et spirituelle, un lieu où peuvent se nouer leur recherche intelligente, leur vie affective, leurs relations en famille et dans le monde professionnel, leurs engagements dans la société, et leur relation avec le Christ. Cet accompagnement peut les aider à discerner elles-mêmes leurs dons, les charismes qu’elles peuvent mettre au service des autres dans la société et dans l’Eglise.

Dans l’Eglise, souvent, les vocations se vivent de manière juxtaposée et, dans ce cas, cette situation ne permet pas que les personnes célibataires puissent se révéler car elles se trouvent perdues dans l’ensemble.

Ce qui pourrait leur permettre de sortir de l’anonymat c’est de faire apparaitre la complémentarité qui existe entre les différents états de vie : les célibataires, les personnes mariées, les veufs et les veuves, mais aussi les différentes vocations qui, toutes, ont leur source dans la vocation baptismale, une vocation commune à tous : prêtres, diacres, consacrés, célibataires consacrés ou célibataires dont le célibat n’est pas choisi.

Nous avons tous été baptisés dans un seul Esprit, en un seul corps, juifs ou grecs, esclaves ou hommes libres ; nous avons tous été abreuvés par un seul Esprit. (1 Cor 12, 13).

Mais comme le dit le même apôtre dans la lettre aux Ephésiens (4,7, 11-12) :

A chacun de nous la grâce a été donnée selon la mesure du don de Dieu. [...].
Les dons qu’il a faits ce sont les évangélistes, les pasteurs, les catéchètes afin de mettre les saints en état d’accomplir le ministère pour bâtir le corps du Christ.

Le concile Vatican II dans la constitution sur l’Eglise (Lumen Gentium), dans sa réflexion sur l’exercice du sacerdoce commun des baptisés, affirme au numéro 12 :

Mais le même Esprit Saint ne se borne pas à sanctifier le Peuple de Dieu par les sacrements et les ministères, à le conduire et à lui donner l’ornement des vertus, il distribue aussi parmi les fidèles de tous ordres, (et donc parmi les célibataires) «répartissant ses dons à son gré en chacun » (1 Co 12, 11), les grâces spéciales qui rendent apte et disponible pour assumer les diverses charges et offices utiles au renouvellement et au développement de l’Église, suivant ce qu’il est dit : « C’est toujours pour le bien commun que le don de l’Esprit se manifeste dans un homme » (1 Co 12, 7).

L’Eglise se construit évidemment par les sacrements : les sacrements de l’initiation chrétienne et principalement l’eucharistie ; le ministère apostolique, lui aussi, structure l’Eglise, mais si nous évêques, prêtres, diacres voulons que l’Eglise ne tombe pas dans le cléricalisme, l’Eglise est invitée à mettre en valeur les dons, les charismes, les grâces spéciales distribuées par l’Esprit Saint aux nombreux fidèles ; ces grâces spéciales qui rendent aptes et disponibles pour assumer des charges (exemple, les laïcs en mission ecclésiale), des offices (responsables diocésains, aumônerie) utiles au développement de l’Église, c’est-à-dire à l’annonce de l’Évangile à tous.

Nous voyons de plus en plus émerger le charisme de l’accompagnement, de la compassion, mais aussi de gouvernement par la présence de nombreux laïcs, et donc de célibataires, dans les divers conseils d’un diocèse, notamment le conseil épiscopal.

Si l’Eglise, si les communautés chrétiennes voient dans les célibataires des personnes qui partagent la vocation baptismale avec tous les chrétiens mais aussi des personnes ayant reçu des charismes divers et variés pour la construction de l’Église, nous pourrions mieux équilibrer un agir en Eglise parfois trop fonctionnel ou de type managérial, en partant davantage des charismes présents et à l’œuvre chez les baptisés même s’il faut se défendre d’une vision purement spirituelle de l’Eglise (L.G. n° 8) :

Cette société organisée hiérarchiquement d’une part et le corps mystique d’autre part, l’ensemble discernable aux yeux et la communauté spirituelle, l’Église terrestre et l’Église enrichie des biens célestes ne doivent pas être considérées comme deux choses, elles constituent au contraire une seule réalité complexe, faite d’un double élément humain et divin.

Dans cette vision l’Eglise-communion doit développer son attention envers les personnes célibataires et inviter les communautés chrétiennes à les accueillir, les écouter ; à faire appel à leurs dons, leurs talents pour la construction du corps qu’est l’Eglise et les inviter à discerner, développer et exercer leurs charismes.

Car ces dons, selon le concile, doivent être encouragés, reçus et accueillis avec action de grâce : (Décret sur l’apostolat des laïcs, Apostolicam actuositatem, n° 3) :

De la réception de ces charismes, même les plus simples, résulte pour chacun des croyants le droit et le devoir d’exercer ces dons dans l’Église et dans le monde, pour le bien des hommes. C’est un devoir pour les baptisés, (et parmi eux les célibataires), et un droit d’exercer le charisme même s’il revient à ceux qui ont la charge de porter l’Eglise, de porter un jugement sur l’authenticité de ces dons et sur leur usage. (cf. 1 Th 5, 12.19.21).

Célibataires en Eglise,

nous pouvons favoriser le passage de célibataires seuls à une ouverture de célibataires en Eglise en nous appuyant d’abord sur la vocation commune et fondamentale, le baptême qui est à la source de la fraternité et des charismes de l’Esprit que chacun peut mettre au service de la construction du corps du Christ.

C’est un travail d’enfantement qui est en train de se vivre en Eglise depuis le concile Vatican II.

 

+ Mgr Michel Santier
Evêque de Créteil