Paroles d’évêque

TOUS SAINTS !

Le 1er novembre, nous célèbrerons une fête joyeuse ; la fête de la Toussaint, la fête de tous les saints.

La sainteté voilà ce, à quoi le peuple des baptisés, au nom même de son baptême, est appelé !

La vocation à la sainteté n’est pas une vocation à l’extraordinaire. C’est au contraire tout simple : il suffit de se laisser aimer par Dieu et d’oser à la suite de Jésus, prendre soin des petits, des malades, de tous ceux qui souffrent dans leur corps et dans leur cœur. Car la compassion est bien l’ADN de la sainteté, cette grâce que nous avons reçue, le jour de notre baptême et qu’il nous faut nourrir et faire croître en mettant la Parole de Dieu, au cœur de nos vies.

Si nous sommes tous appelés à la sainteté, certains nous ont précédés.
Tous les saints et saintes du calendrier, que nous connaissons et que nous célébrons, bien-sûr. Mais aussi, toute la foule anonyme des Bienheureux, qui dans nos familles ont tracé leur chemin, sans faire de bruit, mais avec la certitude que Dieu les aimait. Une certitude qui rend heureux et qui permet de vivre dans l’Espérance, quels que soient les aléas de la vie. Tel un ruban de foi se déroulant à travers les siècles, toutes ces personnes nous rappellent que nous venons toujours de quelque part, que nous sommes redevables de tous ceux qui nous ont précédés et qui sans doute continuent à veiller.

L’identité de notre diocèse s’appuie sur cette longue tradition chrétienne éparse sur tout son territoire. Mélange d’Histoire et de piété populaire, elle donne des racines au genre humain qui veut se reconnaître « peuple de Dieu ». Sur notre terre val-de-marnaise, la figure de proue est désormais bien connue : Agoard et Aglibert, deux martyrs, sans doute d’origine germanique. Ils auraient résidé à Créteil, où ils furent massacrés vers l'an 400. Leurs reliques sont actuellement vénérées dans la crypte de l’église Saint-Christophe à Créteil, et quelques-unes ont été placées dans l’autel de la cathédrale déployée. Agoard et Aglibert sont les saints les plus anciens du diocèse, mais ils ne sont pas les seuls. Que l’on songe à tous ces saints et saintes qui ont donné leur nom à nos villes et à nos paroisses.

Autre figure de proue pour laquelle les conclusions du procès en béatification sont attendues, Madeleine Delbrêl. De 1933 à 1964. Proche des gens simples de son quartier, elle témoignera par sa vie, l’actualité de l’Evangile.
Je serai à Rome au mois de novembre pour présenter avec le père Gilles François aux cardinaux, les éléments de la Positio.

Dans notre histoire humaine, Dieu est toujours à l’œuvre.
Comme aux premiers jours, aux premiers siècles, l’Esprit saint souffle encore et toujours et permet à des hommes, des femmes de se lever et de rendre témoignage, dans l’épaisseur de leur vie humaine, à la Lumière. Alors, en ce jour de Toussaint, demandons tous au Seigneur, par l’intercession de tous ces saints, de faire grandir en nous l’esprit de sainteté, partout dans le diocèse.

+ Michel Santier
Evêque de Créteil

Rencontre Sant’Egidio à Münster 11 septembre 2017

Évêque de Créteil, dans un diocèse, un département de 1 400 000 habitants où se côtoient 90 nationalités, des chrétiens de toute confession, protestants, orthodoxes, coptes, arméniens et catholiques, des croyants de différentes religions : juifs, musulmans, bouddhistes, chrétiens et aussi des non croyants qui se disent athés ou agnostiques, et tous ceux qui sont indifférents au religieux, vous comprenez tout de suite que vivre ensemble représente un vrai défi mais qui peut aussi s’avérer être une chance, une grande richesse.

1 – Le premier défi est de sortir de soit, de sa communauté d’appartenance culturelle et religieuse pour aller à la rencontre de l’autre, de ceux qui sont différents de moi par la langue, la culture, la couleur, la religion. Sans la rencontre, nous risquons de nous enfermer dans la peur et dans des préjugés sur nos frères et sœurs en humanité.

À Créteil, depuis cinq ans, pendant l’été nous vivons une opération qui s’intitule « Août Secours Alimentaire », car nous nous sommes aperçus que beaucoup de personnes ne partaient pas à la mer pour les vacances car ils n’en avaient pas les moyens, les ressources financières. La première année, les bénévoles qui, avant de distribuer les repas, vivaient un partage d’Évangile, ont distribué 30 000 repas (cette année en deux centres, plus de 100 000).

Parmi les bénéficiaires se trouvaient de nombreux musulmans venant d’Afrique ou des pays du Maghreb mais aussi des familles chrétiennes. Nous sommes alors allés à la rencontre de l’imam à la mosquée et nous lui avons proposé de nous mettre ensemble pour distribuer les repas aux plus démunis puisque parmi eux, se trouvaient des familles musulmanes.

ASA – 2 SEPTEMBRE 2017 - VILLEJUIF

Pendant tout ce mois d’août à Créteil et ici à Villejuif, comme bénévoles vous avez accueilli de nombreuses familles avec des enfants, des personnes seules. Vous avez accueilli chaque personne avec le sourire ; vous avez pris le temps de les écouter car, si elles ont faim, si elles cherchent à faire subsister leur famille, à faire que leurs enfants ne souffrent pas trop de leur situation précaire, ces personnes ont toute leur dignité.

Certaines même ont été invitées à participer à cette action de distribuer les repas ; à travers le service de l’autre, elles reprennent confiance en elles. En fait, il s’agit d’une hospitalité. La plupart des bénéficiaires viennent des pays du Maghreb, d’Afrique, d’Asie, en résumé de l’Orient. Nous savons, nous connaissons, ou nous l’avons vécu par expérience, l’importance de l’hospitalité, de l’accueil, dans leur culture. Aussi, après avoir rêvé d’échapper aux conditions difficiles dans leur pays, après avoir cru que la France, l’Europe, étaient un pays d’Eldorado, (ce qui est entretenu par ce qu’ils voient à la télévision), ils tombent de haut !

Ce mois d’août est, pour eux, comme une oasis dans le désert de l’été où beaucoup de personnes quittent leur quartier, leur cité, pour des vacances, et ces personnes se retrouvent alors seules.