Sa vie

Jésus, de Noël à Pâques…

« C’était il y a 2000 ans… » : Avec ces mots, resurgit la magie de Noël et la nostalgie de notre enfance, bercée de chants traditionnels sur fond de crèches provençales. Peu importe les divergences entre les calendriers (solaire, lunaire, julien, grégorien, républicain), pour déterminer précisément l’instant de la naissance de l’Enfant Jésus et fixer l’année 1 de l’ère chrétienne : ces 2000 ans nous propulsent en réalité hors du temps et de l’histoire.

Pourtant, cette naissance discrète en pleine nuit, dans la campagne, parmi quelques moutons égarés, a vraiment changé la face du monde : les Empires d’Orient et d’Occident se sont réclamés de l’événement.

L’Europe, la Russie, l’Amérique, l’Océanie se sont couvertes d’églises et de cathédrales tandis qu’en Afrique, à Yamoussoukro, se dresse aujourd’hui la plus grande basilique qui soit : un formidable foisonnement, depuis lors, d’édifices religieux qui célèbrent cet étrange mystère d’un tout petit enfant, Fils de Dieu parmi les hommes.

Beaucoup ont reçu sa Parole et tenté de la mettre en pratique, fébrilement, maladroitement parfois, mais toujours avec la même certitude, partagée, aujourd’hui encore, par plus du tiers de l’humanité : « Bonne Nouvelle, Dieu est parmi nous ! »

 

Que savons-nous de Jésus?

Nous ignorons avec exactitude la date et le lieu de la naissance de Jésus : il est né dans la même obscurité que tous les hommes de son temps, sans registre d’état-civil ni certificat de baptême…

Toutefois, dès le 1° siècle, l’historien juif Flavius Josèphe évoque l’existence de « Jésus appelé Christ », et, au tout début du 2° siècle, les historiens latins, Tacite et Suétone, font état de l’existence de chrétiens qui perturbent l’ordre romain.

Ce que nous savons de lui se trouve essentiellement dans les Evangiles de Matthieu, Marc, Luc et Jean, - soit que ceux-ci l’aient côtoyé, soit qu’ils aient côtoyé ses contemporains.

Jésus a grandi à Nazareth, en Galilée, au nord de la Palestine, province alors romaine, auprès de ses parents Marie et Joseph. Eut-il des frères et des sœurs ? Rien ne l’affirme ni le contredit.

Nous ne connaissons avec certitude que son cousin Jean, dit Jean-Baptiste, de quelques mois seulement son aîné. On ne sait si Jésus, fils de charpentier, est allé à l’école : à l’époque, la notion de scolarité était différente de la nôtre.

Néanmoins, né juif, présenté au Temple, circoncis, il a suivi une formation hébraïque élémentaire, car il savait lire et écrire.

Il entame sa vie publique vers l’âge de 30 ans, parcourt la Galilée, traverse la Samarie, se rend à Jérusalem pour les fêtes juives. Il console les malheureux, accomplit des miracles, enseigne, fait des disciples… Il recherche aussi le calme, se retire au désert ou au jardin des Oliviers, fait des rencontres personnelles avec la Samaritaine ou Zachée, mais des foules se déplacent pour l’écouter, l’acclamer, le suivre.

Alors, inévitablement, il inquiète l’ordre institutionnel qui craint la déstabilisation : à peine trois ans après son premier miracle à Cana, Jésus est arrêté, jugé, condamné à mort et crucifié.

Qu’est-ce que cela signifie pour aujourd’hui ?

Alors pourquoi, aujourd’hui encore, tant de bruit autour de cette naissance obscure et de cette vie, presqu’en marge de son temps, une vie achevée dans le sang ?

C’est que pour nous, chrétiens, la Croix ne fut pas la fin du parcours de l’enfant né dans une humble mangeoire, car nous croyons que Jésus, mort sur cette Croix, est ressuscité.

Des femmes l’ont vu ressuscité, des disciples ont marché avec lui sur la route d’Emmaüs, Thomas a mis la main sur ses plaies pour s’assurer qu’il n’avait pas affaire à une illusion : oui, le Christ est ressuscité. Ce n’est pas une donnée scientifique, c’est une certitude sur laquelle repose notre foi de chrétien : «Si le Christ n’est pas ressuscité, votre foi est illusoire »(1 Cor 15, 17).

La Croix est donc le passage incontournable qui nous révèle la double nature de Jésus, vrai homme et vrai Dieu venu pour nous sauver. Elle est le témoin de la victoire du Fils de Dieu sur la mort et donne tout son sens à l’enseignement du Christ : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés »(Jean, 15, 12)

Ainsi, par un étrange effet de miroir que l’on retrouve dans toutes les histoires d’amour, Dieu, qui a créé l’homme à son image, est venu jusqu’à nous, dans notre humanité, en se revêtant de notre image humaine, afin de nous ramener jusqu’à Lui et nous libérer de la servitude : de Noël à Pâques, c’est un magnifique chemin d’espérance qu’Il nous ouvre.

« Le Fils de Dieu est venu pour nous sauver et nous comprenons l’amour du Père à travers la beauté de l’histoire du salut »(Pape François, sept 2013)

Vous voulez en savoir plus ? Consultez le site de la Conférence des Evêques de France dédié à Jésus