DISCOURS de Mgr Santier prononcé le Jeudi 15 décembre à l’occasion de la cérémonie des vœux aux personnalités du Val-de-Marne

 

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Mes chers amis

À quelques jours de la fête de Noël, j’ai souhaité une nouvelle fois vous recevoir, vous les responsables des mondes politique, associatif et religieux, en même temps que tous les responsables des services et mouvements de notre diocèse qui fête cette année ses cinquante ans. Je me réjouis de la présence de chacun, ce soir.

Un des grands textes du Concile Vatican II, intitulé Gaudium et Spes débutait par ces mots souvent répétés : « Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ »... Dans le même sens le Pape Jean XXIII déclarait en ouvrant le Concile que l’Église doit se faire dialogue.

C’est dans cet esprit qu’ont été créés il y a 50 ans les diocèses de Créteil, Nantelle et Saint-Denis dont les diocèses limites correspondaient à celles des départements nouvellement créés. Cette décision procèdait d’une volonté de proximité entre les institutions ecclésiales et de celles de la société civile.

Le diocèse de Créteil a donc 50 ans ! Son anniversaire nous l’avons fêté le 16 octobre dernier au stade Duvauchelle et beaucoup d’entre vous y ont participé, non seulement par leur présence mais par leur généreux soutien en particulier en nous prêtant toute sorte de matériel. Je dois un merci tout particulier à la Ville de Créteil, pour la mise à disposition gracieuse du stade Duvauchelle, et aux services de la Préfecture qui ont assuré notre sécurité, dans une période tellement chargée pour les forces de l’ordre.

Au cours de ce rassemblement, nous avons affirmé notre volonté d’être « Une Eglise qui ose la rencontre. Une Église au service de la fraternité ! » Il ne s’agit pas d’un slogan ! Mais bien d’une réalité vécue, ici en Val-de-Marne comme nous l’avons expérimenté tout au long de cette année durant laquelle tant d’événements difficiles et tragiques se sont succédés.

Je pense aux attentats qui ont douloureusement marqué notre pays ces derniers mois. Vous comprendrez que je pense particulièrement à l’assassinat du Père Hamel. Comme il était touchant peu de jours après cet abominable forfait de nous retrouver pour un temps de prière à la cathédrale avec nos frères musulmans !

Je pense aussi à l’arrivée massive des réfugiés et au travail opéré dans les secteurs, les paroisses pour recenser les lieux d’accueil possible, en lien avec ce que proposaient les villes : Déjà, nous accueillons, à Vincennes une famille Syrienne, mais des partenariats se nouent entre paroisses et municipalités dans des villes comme Saint –Maur, Ivry etc.

Mais je n’oublie pas les Roms ... et pas davantage toutes ces familles marquées par le chômage et la précarité. Les services sociaux des villes les prennent en charge d’une manière souvent remarquables. Mais je suis heureux des liens confiants de coopération qui existent entre les associations catholiques de solidarité et les CCAS municipaux.

De ces fécondes collaboration un des signes les plus parlant est à n’en pas douter, l’opération ASA (Août secours alimentaire) qui fonctionne grâce au dévouements de bénévoles catholiques et musulmans, sans oublier les subventions des municipalités !

A tous un immense merci.

Comme les arches de la voute de cette cathédrale, l’Eglise en Val-de-Marne, veut construire des ponts, tendre des mains. C’ est pourquoi nous n’hésitons pas à coopérer avec les élus, et les acteurs de la société civile, mais également à tisser des liens de fraternité avec les membres des autres confessions chrétiennes et religions, dont je salue ici les nombreux représentants.
En des temps incertains comme ceux que nous vivons aujourd’hui, comme Il est urgent de manifester que les grandes religions sont des facteurs de paix et d’ouverture. Cela ne va pas soi. En chacun de nous, croyants et incroyants, existe la tentation du repli sectaire et du mépris de l’autre. Quel meilleur moyen de la surmonter que la rencontre et la découverte mutuelles. Pour y parvenir nous avons besoin les uns des autres et c’est pourquoi je vous remercie d’être ici ce soir.

Mais les humains ne vivent pas seulement de pain ! Ils vivent aussi de culture et de beauté dont l’expérience les transcende. C’est pourquoi j’ai voulu que cette Cathédrale, prioritairement vouée au culte, comporte aussi un espace culturel. Destiné à des expositions, concerts et conférences qui manifestent la vitalité de la culture contemporaine, il offre à chacun, quelles que soient ses convictions, l’occasion de poursuivre son propre cheminement que j’ose qualifier de spirituel. Après cette séance de vœux ceux qui le voudront pourront d’ailleurs assister à un concert-conférence sur Jean-Sébastien Bach.

Comme je le disais en commençant, notre Église en Val-de-Marne, entend « oser la rencontre et servir la fraternité ! » Mais pour le chrétien que je suis, où ce vœux trouve-t-il sa source, sinon dans le message de Noël ? Un message de Paix ! Un message qui met sous nos yeux le plus précieux : la vieoui la vie dans sa grandeur et sa beauté qui se donne dans la fragilité de l’enfant. L’enfant dont l’existence nous est remise, l’enfant qui attend de nous que nous en prenions soin en dépassant nos égoismes et nos recherches de confort.

Alors que l’actualité nous présente tant d’images d’enfants menacés, d’enfants maltraités ou au contraires d’enfants soldats, d’enfants si peu ou si mal éduqués, comme il est important pour chacun de nous d’accepter de se laisser toucher par ces images ! Comme il est important de nous laisser appeler par elles au dépassement et au don gratuit de soi ! Voilà pourquoi, aux vœux de bonne année, de bohneur et de succès que je formule aujourd’hui pour vous et les vôtres, j’ajoute ce vœu de Noêl : Que jamais, non jamais nous ne détournions les yeux devant l’image de l’enfant et devant l’appel à la responsabilité qu’il nous adresse.

Pour finir je me tourne vers vous, mes collaborateurs de chaque jour, vous les prêtres, les religieuses et les religieux, vous les diacres et leur épouses, vous les laïcs en mission ecclésiale et les responsables de nos Mouvements et Services. Sans compter vous vous dépensez à faire résonner en actes et en paroles le message de Noël. Je veux vous encourager à poursuivre votre mission dans un esprit d’ouverture et le dialogue. C’est pourquoi, devant l’urgence que constituent aussi bien les questions familiales, que les questions économiques, sociales, et environnementales, j’ai décidé, à l’invitation de notre synode diocésain, de créer un Conseil Famille et Société. Je souhaite qu’il vous soit un soutien pour servir votre dialogue avec les élus et les acteurs socio-économiques du Val-de-Marne.

Chers amis, il est temps de conclure. Je le fais en revenant à l’actualité la plus immédiate. Durant l’année électorale qui s’annonce, nous le savons, les débats seront vifs, Y compris entre chrétiens ! Comment ne pas perdre de vue l’essentiel ? Comment vivre les affrontements inévitables et d’ailleurs nécessaires dans un rigoureux souci de vérité et dans le respect de tous, même de nos adversaires politiques ? Un ouvrage récent peut nous y aider ! Il s’agit du livre rédigé par les évêques de France : « Dans un monde qui bouge, retrouvons le sens du politique ». Alors, puisque Noël c’est le temps des cadeaux ... permettez-moi d’en offrir un exemplaire à chacun de vous.

Dans l’espoir que ce modeste présent facilite le dialogue entre nous tous, quels que soient nos histoires et nos convictions respective et dans l’espoir qu’il nous encourage mutuellement dans la recherche de la paix, du don de soi et du service, je suis heureux ce soir de vous souhaiter un beau Noël !

+ Michel Santier
évêque de Créteil